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La saison 1975 de Patrice Vatan :
GP de Grande Bretagne 1975
Sur la route de Silverstone 1975
GP de France 1975
GP des Pays Bas 1975
GP de Suède 1975
GP de Belgique 1975
Ontario Circuit fantôme
GP de Pau 1975
GP de Monaco 1975
GP d’Espagne 1975
Montlhéry 1975
Daily Express Trophy 1975
Dijon Presnois 1975
Race of Champions – Tom Pryce 1975
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Silverstone Circuit, Towcester, Northamptonshire (UK), le 13 avril 1975
Si gagner Brands Hatch depuis Douvres est un vrai plaisir agreste piqueté de cottages à toit de chaume et de vaches noir et blanc, monter jusqu’à Silverstone donne à Christian des boutons, lui gâte un caractère déjà peu souple.
Londres à traverser de part en part, Londres qui, pour le rude serrurier de Rambouillet qui mène à l’aube la R16 louée à Autorent, représente un monstre urbain sorti de l’imagination de Lovecraft ou de Poe, grouillant de vermine automobile.
Seule la vue de Battersea Power Station, l’usine électrique au bord de la Tamise, en couverture d’un album de Pink Floyd, lui intériorise un sourire.
Tout dort dans l’auto excepté Crime of the Century de Supertramp, que la BBC matraque dans l’autoradio (https://tinyurl.com/36p8snpt).
La campagne du Northamptonshire est battue par un vent violent, balayée par un froid glacial : deux marqueurs météo insécables du Daily Express International Trophy.

Dimanche matin. Déambulant dans les stands, Guy Royer et moi retrouvons deux alter ego, Sylvie et Martine, deux inséparables qui posent sur le Grand Prix Circus un œil, comment dire… plutôt charnel, axé davantage sur un détail anatomique que sur une épure de suspension.
Une autre personnalité parcourt la ligne des stands à laquelle les photographe s’intéressent plus qu’à nos modestes silhouettes de roupeurs, Son Altesse Royale le prince Philip, duc d’Édimbourg, venu inaugurer l’agrandissement desdits stands, justifié par le manque d’espace pour effectuer des changements de roues en toute sécurité.

Le prince se fait présenter les pilotes, s’attarde à bavarder avec un pair du Royaume, Sir Graham Hill, Officer of the British Empire. Leur échange paraîtrait du dialogue écrit pour le théâtre aux gamins-pilotes d’aujourd’hui. David Phipps prend la photo.
Il est assez charitable pour ne pas cadrer en pied l’époux de Sa Majesté dont un feu de plancher conséquent raccourcit presque l’auguste pantalon en knickers.
En avant-dernière ligne sur le grille de départ, Sir Graham Hill sur son Embassy-Lola aura du mal à contenir les assauts d’une femme, Lella Lombardi, pour la 11e place. Il annoncera son départ lors du Grand Prix ici même dans trois mois. La Sorcière aux dents vertes s’occupera de sa retraite en novembre.

Comment pouvais-je deviner en shootant la Penske PC1 dans les stands sans son pilote Mark Donohue que la même sorcière l’effacerait définitivement en août ?
Sinon c’est Lauda qui a remporté le Daily Express International Trophy sur sa magnifique Ferrari 312T, devant Fittipaldi à 1/10e, tout ça à 216 de moyenne. La F1 des seventies, un grand huit émotionnel.
Dimanche prochain, Montlhéry en mobylette.
Très réussis ces petits billets avec photos d’époque et texte qui renvoie à ses propres souvenirs de ces belles années . Merci
Sacoche Elf-Tyrrell et blouson JPS, bel œcuménisme vestimentaire !
Tandem de choc prêt à entrer dans la légende.
Encore !
Coupes de cheveux d’époque, les stands n’avaient pas le luxe absurde d’aujourd’hui et les drapeaux indiquent bien la force du vent !! Pour anecdote, en juillet 1979, de retour d’Ecosse, j’ai souhaité emmené voir un GP F1 à ma future chère et tendre. Cap de bonne heure sur Silverstone depuis la patrie de Shakespeare où nous avions campé dans la ferme d’un ami. Les bouchons monstrueux, encore pire que ceux de Charade, Dijpn Prenois ou Castelet (j’ai connu les 3 avec la F1), ont eu raison de mon intention. A 1 heure du départ, nous étions encore à au moins 2 miles de l’entrée et nous n’avions pas les billets (heureusement). Aussi, l’Alfasud TI (rouge bien sûr) a fait demi-tour ……
autre souvenir :
plus de 2 heures pour sortir du parking de Zandvoort en 1977 . Après , j’avais compris : train direct d’Amsterdam à Zandvoort et marche à pied le long de la plage . Mais qu’est ce que ça pu..t les harengs grillés !
Bien que seul pilote détenteur de la triple couronne Indianapolis – Le Mans – Championnat du Monde F1 et par ailleurs animateur hors pair des after courses des ’60 et des ’70, Graham Hill n’aura pas vécu suffisamment longtemps pour être annobli.
Donc, « Mister Monaco », oui, mais pas Sir Graham, et pas Officier.
Tout cela n’est pas très grave, rien que pour l’ambiance qui se dégage de cette note, on absoudra son auteur ainsi que son gang et ses pratiques certes douteuses, mais bigrement efficaces.