Tom Pryce

Tom Pryce

par | 19 Mar 2025 | 8 commentaires

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La saison 1975 de Patrice Vatan :
GP de Grande Bretagne 1975
Sur la route de Silverstone 1975
GP de France 1975
GP des Pays Bas 1975
GP de Suède 1975
GP de Belgique 1975
Ontario Circuit fantôme
GP de Pau 1975
GP de Monaco 1975
GP d’Espagne 1975
Montlhéry 1975
Daily Express Trophy 1975
Dijon Presnois 1975
Race of Champions – Tom Pryce 1975

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Brands Hatch Circuit, Fawkham, Dartford, Kent (UK), le 16 mars 1975

En dépit de son nom, Graham Macbeth n’a rien d’un acteur shakespearien.

Son rôle est néanmoins capital quand ce fils naturel de Benny Hill et de Stan Laurel farfouille dans une boîte à chaussures à la recherche d’une enveloppe marquée « Vatan Patrice, Promoto ». Derrière moi s’allonge la file des journalistes réclamant leur accréditation

Un oeil à travers la baie vitrée qui donne, en contrebas, sur la pelouse centrale de Bottom Straight. Les perce-neige y obéissent à leur raison d’être en perçant une fine couche de neige.

« Here it is ! » lance enfin le chef de presse du BRSCC en me tendant l’inestimable enveloppe d’où, fébrile, j’extrais un rectangle de carton frappé d’une inscription magique : DAILY MAIL RACE OF CHAMPIONS PHOTOGRAPHER TRACK & PITS.

Race of Champions. Trois mots qui électrisent notre mental depuis des semaines. Ils signifient l’irruption d’une saison qui précède le printemps, la saison européenne de F1, tant attendue par Guy, Martine, Jean-Michel, Christian, moi.

Une liturgie qui ne souffre aucune entorse régit la Course des Champions. Location d’une R16 chez Autorent à Paris, motel à Gravesend, The Inn on the Lake Hotel, espace hors du temps dont les chambres regardent un lac où niche une sauvagine incroyable, pinte de Pale Ale au Rising Sun, à un jet de pierre du circuit.

Il neige. Ça part quand même.

Jailli comme un diable d’une boîte, Jacky Ickx hisse sa Lotus 72 hors d’âge, qui entame sa sixième saison, en tête à partir de la deuxième ligne qu’il partage avec Jean-Pierre Jarier sur la nouvelle Shadow DN 5. De lui, on attend les merveilles qu’il avait laissées entrevoir en Argentine et au Brésil sur cette auto terriblement efficiente en grandes courbes.

« Il va gagner tous les Grands Prix ! » nous avait déclaré au bord de l’apoplexie, Jean-claude Bruley, le président du club Jarier au Salon de la voiture de course un peu plus tôt.

Las, le Parisien est chaussé de pneus pluie quand la neige cesse de tomber. On le rappelle au stand. Jody Scheckter confirme alors le potentiel de la Tyrrell 007, victorieuse à Kyalami il y a quinze jours, en prenant la tête avant qu’une fuite d’huile le stoppe. Ce sera la première de Tom Pryce.

Jean-Michel partage avec Jarier une position commune de l’accélérateur : à l’horizontale. La R 16 fend la paisible campagne du Kent en direction de Douvres à la vitesse d’une Shadow, le sponsor UOP en moins. Faut pas rater le ferry.

Ça débriefe sec dans la caisse. Dire qu’on se réjouit de la première victoire de Tom Pryce est un euphémisme. Christian remarque qu’il est le premier Gallois à remporter une course de F1. Martine le trouve beau, moins que Mass cependant mais sa gueule à la Leny Escudero la fait flasher.

Je ne dis rien. Je pense à Thruxton F2 à la fin du mois. Pas encore reçu de réponse du BARC, l’organisateur, grrr….

Patrice Vatan

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8 Commentaires

  1. BOUZANQUET

    Leny Escudero ! OK boomer ! hahaha

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  2. Olivier Rogar

    Quand je pense à Tom Pryce, je pense au GP d’Afrique du sud 1977. Un des rares GP retransmis à l’époque, la joie de voir Lauda gagner à nouveau et l’épouvante lors de l’accident de Tom Pryce dont il s’est fallu de peu qu’il soit fatal à Jacques Laffite aussi.

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    • JP Squadra

      Kyalami 77, souvenir tragique bien sûr. Mais ici Patrice se souvient avec nostalgie de Brands Hatch 75.

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      • Olivier Rogar Santoni

        Oui, bien sûr.

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        • JP Squadra

          Excuse-moi Olivier mais il me manquait la première phrase dans ton message, d’où ma précision qui paraît inutile !

  3. Olivier Rogar

    Quant aux ressemblances de Tom Pryce, il y a une personne qui me fait penser à lui aujourd’hui, c’est l’ami Gérard Gamand.

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  4. Olivier Rogar Santoni

    Pour illustrer mes propos.

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  5. ferdinand

    Intéressantes images, et intéressant commentaire.
    Pour avoir été contemporain, même jeune, de l’événement, on se rend à peine compte qu’il se déroulait il y a si longtemps. Comparée au monde d’aujourd’hui, l’époque apparaît comme un mirage de bonheur. On vivait pourtant dans la France de Giscard, « société libérale avancée » déjà essoufflée. Quant au Royaume uni, comme on le voit : vert, distingué et, il faut le dire, réactionnaire. Pour une oreille d’aujourd’hui, le paternalisme du commentateur fait tout de même frémir. « Italy’s glamour girl of the circuit » désigne Lella Lombardi, avant un petit coup de « Lovely Lella again »… Inutile de noter qu’on n’entend pas de « Charming Emerson » ou de « Sexy Wattie » et qu’on se concentre sur les gros bras.
    Ceci étant, formidables images qu’on est heureux de revoir, comme il est plaisant de retrouver les petits français dégourdis à bord de leur vilaine berline bi-corps.

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Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.