GP de Monaco Historique 2026

GP de Monaco Historique 2026 – Paddock et piste – 2/3

par | 4 Mai 2026 | 2 commentaires

A Monaco le temps égrène imparablement ses Grands Prix Historiques. Si l’on peine à croire être déjà parvenu à la 15e édition depuis 1997, ce qui est encore plus étonnant est l’intérêt toujours renouvelé des plateaux qui nous sont proposés par l’Automobile Club de Monaco.
En dépit de sa modernité, la Principauté réussit tous les deux ans, l’exploit de nous embarquer dans une capsule temporelle pratiquement 100 ans après son premier Grand Prix. Circuit, ambiance, accès aux pilotes et aux machines qui nous ont fait rêver. Tout cela appuyé sur une organisation exceptionnelle.
Cet évènement conjugue avec talent l’histoire et l’actualité, l’atmosphère plus simple des années passées et celle, toujours exigeante, d’un Grand Prix F1 moderne qui y trouve l’écrin le plus prestigieux de la saison. En cela Monaco est unique.

Olivier Rogar Santoni

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GP de Monaco Historique 2026

Ferrari 312 – 1969 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

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Jacky Ickx

GP de Monaco Historique 2026

Jacky Ickx et son épouse Khaja Nin – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Si j’étais sûr de ne pas le gêner, je dirais qu’il donne une âme au Grand Prix Historique. Par son palmarès évidemment mais aussi par sa constance et sa disponibilité. Il est présent. Au sens propre du terme. Il donne leur légitimité à tous ces pilotes venant affronter ici un challenge incomparable, celui d’un circuit où l’excès d’enthousiasme comme l’hésitation se paient souvent au prix fort.

Approcher Jacky n’est pas évident tant est forte sa popularité. L’abordant à un moment privilégié où, avec son épouse Khadja Nin, ils se déplaçaient dans le paddock, je me permettais de lui dire mon admiration pour sa constante disponibilité, il me répondait comme à son habitude, qu’après avoir tant reçu, il lui semblait normal de donner à son tour à tous ces passionnés sans lesquels la course automobile ne serait pas la même. Gentleman avez-vous dit ?

Jacky Ickx toujours fort sollicité – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Jacky ouvrait cette année la piste avec la Ferrari 312 de 1968. Celle de sa première victoire. C’était à Rouen en 1968. Il n’avait que 23 ans, ce qui était très jeune aux standards d’alors. Les circonstances avaient rendu triste cette victoire. Jo Schlesser, le pilote français s’était tué lorsque sa Honda expérimentale avait quitté la piste et pris feu. Peut-on imaginer fêter en ces circonstances ? Si l’esprit du compétiteur réussit à occulter le drame, le cœur, lui, devait être lourd.

GP de Monaco Historique 2026

Ferrari 312 – 1968 – Jacky Ickx – Victoire à Rouen – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

GP de Monaco Historique 2026

Ferrari 312 – 1968 – Jacky Ickx se prépare à prendre la piste – GP de Monaco Historique 2026 © Marion

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GP de Monaco Historique 2026 – Plateau A1

Piero Lardi Ferrari et l’Alfa Romeo 8C Monza “Scuderia Ferrari”

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Piero Lardi Ferrari visite le paddock – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Avec un large sourire il montre du doigt l’Alfa Romeo 8C Monza qui longe l’allée du paddock. Le sigle Ferrari orne le capot. Enzo l’a fait courir dans sa “Scuderia” en 1933. Le modèle a pris la place des Bugatti dans le haut des classements. Entre 1932 et 1934 il a remporté les principales épreuves, toutes catégories confondues. 40 ont été produites sous la forme Monza sur un total de 190.

Piero Lardi Ferrari visite le paddock. Ces lunettes noires ne vous rappellent pas quelqu’un ? – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

GP de Monaco Historique 2026

« Hello Piero ! Grazie » – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Celle-ci, pilotée par le Suisse Fritz Burkard, a fini à une belle 4e place du plateau A1. Elle avait été produite en 1933 pour la Scuderia Ferrari et fut du voyage à Monaco pour le GP. Il se peut qu’elle ait été pilotée par Tazio Nuvolari lui-même, tombé en panne dans le dernier tour de l’épreuve alors qu’il était en tête.

GP de Monaco Historique 2026

Alfa Romeo 8C Monza 1933 – Fritz Burkhard – Plateau A1 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

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Julia de Baldanza et la Bugatti 35B de 1929

GP de Monaco Historique 2026

Bugatti 35B – 1929 – Julia de Baldanza – Plateau A1 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

La dame court en historique depuis 2002. Partout. Argentine, mariée à un Italien. A la tête d’une belle collection dont nous avions parlé ici en 2016.  Un vrai caractère. « Mon mari trouve que nous avons trop de voitures,  si nous les vendions je lui ai dit que je passerai mon brevet de pilote d’hélicoptère ! » nous assène l’intrépide Julia. Quelque chose me dit que sa collection ne sera pas dispersée de sitôt.

Bugatti 35B – 1929 – Julia de Baldanza – Plateau A1 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

A Monaco elle se présente habituellement avec sa Bugatti 35B. Elle insiste sur le fait que celle-ci est authentique. L’une des rares selon elle. Sortie en 1929, il se pourrait qu’elle ait été du GP de Monaco la même année. Avec qui  ? Mystère. Restée propriété de l’usine jusqu’en 1938, elle a quitté la France pour la Grande Bretagne ensuite.

Bugatti 35B – 1929 – Julia de Baldanza – Plateau A1 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Julia a terminé à la 10e place du plateau A1 cette année. Et devinez ce qu’elle m’a dit ? « Je trouve que les commissaires agitent plus facilement le drapeau bleu lorsque c’est une femme qui est sur le point de se faire dépasser que lorsque c’est un homme, en l’occurrence par un femme !».  Une guerrière vous dis-je !  Très sympathique qui plus est.

C’est le britannique Patrick Blakeney-Edwards sur Frazer-Nash de 1935 qui a remporté la course de ce plateau A1..

GP de Monaco Historique 2026 – Plateau A2

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Avec ou sans arceaux ?

Maserati 250 F – 1957 – Marino Franchetti – Plateau A2 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Ce qui a attiré notre attention vers les 20 autos du plateau A2 (F1 à moteur avant construites avant 1961) et notamment les Maserati 250 F, outre la beauté absolue de ces autos, c’est qu’une partie d’entre-elles ne disposait pas de disgracieux arceau de sécurité.  Les Gordini, Lancia, Fergusson, Maserati 4CLT/48 notamment. L’esthétique y gagne largement ce que la sécurité du pilote peut y perdre. Aussi fines qu’à l’époque, toujours très rapides et spectaculaires, elles courbent l’espace-temps, ici plus qu’ailleurs.

Maserati 250 F 1957 – Marino Franchitti – Plateau A2 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Maserati 250 F 1957 – Marino Franchitti – Nick Mason, ça vous rappelle quelque chose ? Plateau A2 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

La Scarab F1 de l’américain Mark Shaw est sortie victorieuse de cette épreuve. Une belle auto qui ne fut jamais de son temps. Arrivée trop tard en 1960, le moteur arrière ayant rebattu les cartes de façon définitive. Les deux autos de Daigh et Reventlow ne furent pas qualifiées à Monaco et absentes aux Pays Bas. Elles parvinrent à se qualifier en queue de peloton en Belgique mais abandonnèrent. Tandis que Daigh parvint à voir le drapeau à damiers au GP des États-Unis en 9e position. L’aventure F1 de Scarab s’arrêtera là.  Elle se rattrape aujourd’hui en Historique.

GP Historique Monaco 2022

GP Historique Monaco 2022 – Série A2 – Scarab F1 1960 – Andrew Haddon © Olivier Rogar Santoni

Scarab F1 1960 – Mark Shaw – Plateau A2 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Scarab F1 1960 – Mark Shaw – Plateau A2 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

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GP de Monaco Historique 2026 – Plateau B

Joseph Colasacco et sa Ferrari 1512

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GP Historique de Monaco 2024

Ferrari 1512 – Joseph Colasacco – GP Historique de Monaco 2024 © Gérard Gaud

Le plateau B comprenait 25 monoplaces de la période 1961- 1965. Uniquement des F1. Les F2 de la période 1956-1960 étaient aussi admises mais absentes.

C’est la Ferrari 1512 (1965) de l’Américain Joseph Colasacco qui l’a emporté devant une forte concurrence. Le podium était aussi composé de l’Américain Mark Shaw 2e et du redoutable Britannique Stuart Hall 3e tous deux sur Lotus 21 Climax de 1961.

Joseph Colasacco vainqueur du plateau B sur la fantastique Ferrari 1512 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

La 1512 a un moteur comparable à un mécanisme d’horlogerie. Imaginez : 12 cylindres pour 1,5L… En son temps; elle ne remporta pas de Grand Prix.  Lorenzo Bandini se classa 2e à son volant à Monaco puis 5e en Italie, John Surtees finit 3e en Grande Bretagne et Pedro Rodriguez 5e aux USA.

GP-Monaco-Historique 2024 -J.Colasacco-Ferrari-1512@ Olivier Rogar Santoni

– GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

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A la recherche de la Brabham BT11 de Bob Anderson

Une histoire incroyable que nous vous conterons par le menu à l’automne. Un pilote privé au sens le plus strict du terme, Bob Anderson a été pilote de moto avant de passer à l’automobile.

Un vrai « privé » ou « privateer » comme disent nos amis britanniques, à la fois ingénieur, mécanicien, chauffeur, pilote il a mené sa carrière dans les années 50 à moto ( 2e du redoutable Tourist Trophy, 5e du championnat du monde 1958)  puis en formule Junior ( Chez Lotus) et en F1 dans les années 60 ( plusieurs points, un podium et le Trophée Wolfgang von Trips).

Où l’histoire prend une dimension particulière c’est que Bob était marié à une cousine de mon épouse. Ce que je n’ai appris qu’après 41 ans de mariage ! Certes, ce genre d’information se mérite mais tout de même … Lors de Rétromobile 2026 j’ai pu rencontrer son fils Bruce Anderson qui vit en France et avec lequel nous sommes convenus de revenir par le menu sur l’histoire de Bob, malheureusement disparu à Silverstone en 1967.

GP de Monaco Historique 2026

L’équipe de John Romano autour de la Brabham BT11 de 1964 ex Jack Brabham et Denny Hulme – Plateau B – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Pendant le GP de Monaco Bruce m’a passé un mot, me disant que la BT11 de l’Américain John Romano était peut-être l’ex voiture de Bob. Je me suis alors dirigé vers leur stand après la course que John venait de finir à la 10e place. Devinant le responsable de la société Hawker Racing qui entretient la voiture, John Meers, je lui ai brièvement raconté l’histoire que vous venez de parcourir. Il a aussitôt interrompu John qui était en pleine discussion. Bis repetitas. La BT 11 de Monaco est celle de Jack Brabham (1964 – 1965) puis de Denny Hulme (1966). John a possédé la BT11 de Bob, le châssis n°5,  mais elle a été revendue et séjourne aux USA. Il doit contacter Bruce pour le faire entrer en contact avec l’actuel propriétaire.

Brabham BT11 de 1964 ex Jack Brabham et Denny Hulme – Plateau B – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Brabham BT11 de 1964 ex Jack Brabham et Denny Hulme – Plateau B – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Rendez- vous sur Classic-Courses dans quelques mois avec Bruce Anderson. Nous enquêtons et vous en saurez davantage..

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GP de Monaco Historique 2026 – Plateau C

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Plateau C – Sport 1952-1957 – GP de Monaco Historique 2026 © Marion

Plateau C – Sport 1952-1957 – GP de Monaco Historique 2026 © Marion

Ferrari 750 Monza – Franco Valobra – Plateau C – Sport 1952-1957 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

La course fut âprement disputée par ces 29 belles machines et leurs pilotes. Le plateau comportait notamment deux femmes, Katarina Kyvalova, Tchèque et Nicola von Dönhoff, Allemande. A l’arrivée six marques différentes figuraient aux six premières places. Maserati, Cooper-Jaguar, Aston Martin, Jaguar, Ferrari et Lotus.

La Lotus 11 d’Eric Staes devant la Maserati 250S du vainqueur Richard Wilson – Plateau C – Sport 1952-1957 – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

Le Britannique Richard Wilson sur Maserati 250S de 1957 l’a emporté devant un autre Britannique, Frederic Wakeman sur Cooper Jaguar T8 de 1955 et l’Argentin Mathias Sielecki sur Aston Martin DB3S de 1955. La Jaguar C de 1952 du Belge Nicolas Bert ayant pris le dessus pour la 4e place sur la Ferrari 250 MM de l’Allemand Frank Stippler au terme d’une bataille formidable lors des cinq premiers tours.
Cette dernière fait partie des 17 berlinettes Ferrari carrossées par Pininfarina, 9 spiders l’ayant été par Vignale. Elle a participé au Tour de Sicile et aux Mille Miglia 1953, pilotée par Paolo Marzotto, le frère de Vittorio, vainqueur ici même en 1952.

Ferrari 250 MM Pininfarina 1953 – Frank Stippler – Plateau C – GP de Monaco Historique 2026 © Olivier Rogar Santoni

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A Monaco et nulle part ailleurs.

Alors que je dinais à Fontvieille avec des amis dimanche soir, j’ai cru rêver en voyant passer le long du port une Ferrari. Il me semble bien que c’était une 750 Monza. Lui aussi allait diner… Pas de photo malheureusement. Trop surpris pour réagir.

A suivre …

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2 Commentaires

  1. BERNARD BIANCONI

    Les SCARAB ont pris le départ de deux Grand Prix en 1960, Belgique et USA, aux mains de Lance Reventlow et Chuck Daigh.

    Réponse

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Olivier Rogar Santoni
« Petrol head » ? D'aussi loin que je me souvienne, l’automobile m’a toujours fasciné. Les tacots, le Pub Renault, Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Circuit Paul Ricard, m’ont fait passer de Sport-Auto à Auto-Hebdo et l’Equipe. Attrait pour les protos du Mans et les CanAm d’abord. Puis la F1 au cours de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Quelques photos m’ont amené à collaborer à «Mémoire des Stands» puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic Courses. Je trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, d'audace, de rapidité dans la décision dont la maîtrise pimente une vie active.