BRM P160

3 – Rétromobile 2025 : BRM P160-01, le choc

par | 12 Fév 2025 | 10 commentaires

BRM P160-01. The one and only.

LE châssis que Jean-Pierre Beltoise mena à la victoire à Monaco en 1972. LE châssis qui, en livrée Yardley, franchit la ligne d’arrivée à Monza 1971 aux mains de Peter Gethin et qui restera le Grand Prix le plus rapide du XXe siècle.

Je n’avais jamais revu P160-01 depuis que Bébel, dont c’était l’auto fétiche depuis Monaco, avait été pris dans le carambolage du premier tour du GP d’Angleterre à Silverstone 73. Je me revois couché dans l’herbe à l’extérieur de Copse Corner, le dépoli du Pentax brouillé d’un nuage de poussière alors que les imprécations d’Anthony Marsh dans les haut-parleurs ajoutaient à la furia ambiante.

Suspension éclatée, l’auto stoppait là sa course et sa carrière commencée en 1971 à Kyalami avec Pedro Rodriguez, aventure hors-norme, riche de 35 participations dont 25 Grands Prix, dernière BRM à gagner un Grand Prix.

Magnifiquement réhabilitée par Hall & Hall, une émanation d’anciens de la firme de Bourne, P160-01 émerge d’un tunnel de 50 ans pour frapper en plein cœur.

Le cockpit minuscule apparaît comme un trou d’homme, bosselé sur le flanc droit pour que JPB puisse manoeuvrer le levier de vitesse. Carrosserie rivetée comme la cuirasse du sous-marin que JPB fit glisser le 14 mai 1972 dans des rues monégasques rendues quasi impraticables par une pluie diluvienne.

Et cette décoration Marlboro, un tantinet bouchère qui renvoie inconsciemment à l’histoire même des Beltoise.

Patrice Vatan

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BRM P160 -  Rétromobile 2025 © Patrice Vatan
BRM P160 – Rétromobile 2025 © Patrice Vatan
BRM P160 – Rétromobile 2025 © Olivier Rogar
BRM P160
BRM P160 – Rétromobile 2025 © Olivier Rogar
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10 Commentaires

  1. Masson

    Cher Monsieur
    Bien qu âgé d un mois en mai 72, la vue de cette auto à Rétromobile ma scotché ! quelle F1 historique ! Dommage les informations sur le stand n aient pas été plus explicites ou visibles. Beaucoup ont du passer devant sans faire attention. Dommage. Il faut cependant dire que l exceptionnel ne manquait pas cette année porte de Versailles

    Réponse
  2. C.Lemchot

    Elle est bien bonne celle là. Disparue depuis 51 ans, elle réapparaît toute neuve… combien a coûté la plaque de châssis ?

    Réponse
  3. CROULLEBOIS Michel

    Patrice , le bossage est sur le côté gauche et pas à droite. Le bras handicapé de Jean Pierre était le bras gauche.

    Réponse
    • ferdinand

      Mais non, Michel : rappelez-vous, toutes les F1 de l’époque avaient ce petit renflement au niveau du levier de vitesse. Et c’était donc bien sur la droite.
      Car ils étaient étroits, ces cockpits… JPB avait bien du mérite, avec sa petite stature et son bras gauche sans force.

      Réponse
      • Michel CROULLEBOIS

        Vous avez raison, mais BRM avait fait un bossage bien plus important à gauche pour le bras de Jean Pierre

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  4. LAFORGUE

    Merci pour ces précisions sur le parcours de LA VOITURE de JPB. La restauration est superbe et la BRM apparaît comme prête à courir un GP …historique. A noter au dessus du triangle inférieur AVG une petite prise d’air que je n’ose imaginer comme un élément de confort ( une petite clim?) de la part de BRM. SI l’un de vous en a l’explication , ce serait parfait !
    Bref une jolie émotion pour tous les fans « argentés » de JPB.

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    • Michel Croullebois

      Bravo Olivier, moi elle ne passait pas 👏

      Réponse
      • Pierre CHRETIEN

        Tout à fait d’accord avec toi, Michel, Le bossage se situait bien du côté GAUCHE, ceci me rappel comment j’ai fait la connaissance de J.P.B. lors d’un GP de MONACO Historique.
        Dans le paddock où se trouvaient sa MATRA et sa BRM, Jean-Pierre m’a interpelé en me montrant ce fameux bossage. que j’ai photographié.
        Je lui ai proposé de lui envoyé des photos, il a alors demandé à Jacqueline de me donner son adresse.
        Quelques jours plus tard, il m’a remercié par téléphone, car Jacqueline avait « perdu » son appareil.
        (j’ai appris qu’on lui avait peut-être volé).
        De ce fait, j’ai lié amitié avec lui, nous nous sommes invité souvent, je lui ai fait visité le musée CAAPY, il m’a alors prêté sa superbe MARLY.(qui se trouve toujours dans notre Musée).
        C’est Anthony qui me l’a confié, …juste après sa disparition.
        Un autre souvenir, il m’a souvent rappelé qu’en 72, il avait remporté un autre GP F1 en Angleterre, devant tous les grands.
        Victoire souvent oubliée.
        J’ai tant d’autres choses à dire ce grand personnage…
        Merci Jean-Pierre!

        Réponse
  5. francis rainaut

    Curieux cette histoire de bossage. Il serait à gauche sur le châssis, mais à droite sur la carosserie. Peut-être ne parle-t-on pas du même ?

    Réponse

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Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.