Ces grands marchands, quelle que soit leur approche ou leur spécialité donnent matière à nos rêves. Business certes. Mais passion aussi. Toujours. Impossible de vivre ces métiers autrement et de réussir à ce niveau. Alors faisons un rêve.
Olivier Rogar
Gregor Fisken
Suivons Gregor Fisken, l’un des plus grands marchands du monde, qui nous accorde le temps d’une visite guidée dont nous retiendrons ici aussi cinq joyaux.

L écurie Ecosse
A tout seigneur tout honneur, l’Ecurie Ecosse. Connaissons-nous d’autres exemples en Europe d’une écurie privée aussi glorieuse ? J’en appelle aux sagaces lecteurs de Classic – Courses.
Après avoir fait les beaux jours de l’histoire du sport automobile puis des manifestations historiques, nous pensons à Goodwood, le porteur et ses voitures sont en vente. Cette écurie créée en 1951 à Edinbourg par un comptable David Murray et un ingénieur Wilkie Wilkinson a commencé avec trois Jaguar XK 120 puis des Type C et enfin Type D usine. Ses premiers pilotes furent Ian Stewart, Bill Donson et Sir James Scott-Douglas. Mais de nombreux autres leurs emboîtèrent le pas : notamment Jim Clark, Jimmy Stewart et Sir Jackie Stewart, les vainqueurs du Mans Ivor Bueb, Ron Flockhart et Ninian Sanderson. D’autres encore : Roy Salvadori, Innes Ireland, Jack Fairman.
L’écurie a remporté les 24 Heures du Mans à deux reprises en 1956 et 1957 et cessa ses activité au milieu des années 60 mais revint dans les années 80 puis à partir de 2011.
Transporteur Commer TS3 – 1960
Il fait la fierté de tout passionné écossais. Il a été construit chez Walter Alexander & Co à Falkirk – Scotland. Je peux vous dire que l’un des employés de Gregor me l’a bien fait remarquer . Il a été construit spécialement pour l’Ecurie Ecosse en 1960.
Jaguar Type C – 1952
La première Type C de L’Ecurie Ecosse pour Ian Stewart.
Jaguar Type D – 1956
La dernière Type D nez court de l’Ecurie Ecosse. Pilotée en 1956 par les vainqueurs du Mans Ron Flockhart et Ninian Sanderson.


Jaguar Lightweight XK120 LT2 – 1951
Préparées par l’usine au cas où les Jaguar Type C n’auraient pas été finalisées pour Le Mans 1951. Sa particularité est sa carrosserie en magnésium d’une pièce.

Brabham BT26 Repco 1968 – BT26A Cosworth – 1969
Pilotée en 1968 par Jochen Rindt puis par Jack Brabham et Jacky Ickx en 1969. Vainqueur du GP du Canada 1969.

Porsche 908 – 1969
2e 1000 kms du Nürburgring 1969. Vainqueur des 6 Heures de Watkins Glen avec Jo Siffert et Brian Redman.

Lola T70 Mk IIIB – David Piper – 1969
Pilotée par David Piper, Richard Attwood, Jean-Pierre Beltoise, Hans Hermann…
Visible dans le film « Le Mans » de Steve McQueen.

Invicta TYPE S Châssis surbaissé – 1931
Carrosserie Carbodies – Ex Alain de Cadenet – Ex Lord Bamford

Lukas Hüni
On doit à Luka Hüni quelques très belles expositions à Rétromobile ces dernières années : DS, 250 SWB, Stratos… L’art de réunir les joyaux des plus belles collections pour mettre en valeur d’autres autos. Proposant ainsi à l’amateur un véritable parcours initiatique. De l’abordable ( enfin entendons-nous …) au…moins abordable.
Lancia Lambda 1e série 1923 #10126 #Moteur 378 – Collection privée. Pas à vendre
Fondée en 1906 par Vincenzo Lancia, la marque Lancia a été innovante dès sa création. Mais en 1922, le lancement de la Lambda relevait du sensationnel. Elle fut la première voiture de conception monocoque avec une suspension avant indépendante. Son moteur V4 de 2110 cc et 49 HP, sa légèreté et sa tenue de route lui donnaient des performances exceptionnelles. Elle fut fabriquée à 13 000 exemplaires en neuf séries , jusqu’en 1931.


Bugatti Type 59 Grand Prix 1934 # 59124/54213 #Moteur n°6 – Collection privée. Pas à vendre
Avec la 59 on contemple l’une des plus belles voitures de course. Pas la plus glorieuse des Bugatti de Grand Prix, loin de là mais une remarquable voiture néanmoins.
Développée à l’initiative de Jean Bugatti sur la base d’une 57 pour courir en Formule Libre. Moteur L8 de 3.3L à compresseur Roots. Pilotées par René Dreyfus, Robert Benoist, Jean-Pierre Wimille, Tazio Nuvolari et le Comte Brivio, les quatre exemplaires construits remportèrent quelques places d’honneur et un Grand Prix, celui de Belgique 1934 à Spa avec René Dreyfus sur la voiture exposée.
Apparue trop tard, peu fiable et confrontée à l’émergence des écuries « d’état » allemandes, Mercedes et Auto-Union, les difficultés financières de la marque précipitèrent son retrait officiel de la compétition.




Bugatti Type 13 « Brescia modifiée » 16 soupapes 1924 – Collection privée. Pas à vendre
Vainqueur de la coupe des voiturettes au Mans en 1920 pilotée par Ernest Friderich, le modèle fut appelé Brescia après le quadruplé obtenu à la Coupe des voiturettes, lors du Grand Prix d’Italie, à Brescia en 1921.
Ce modèle est doté d’un moteur 16S de 1496 cc avec des freins sur les roues avant, un allumage par magnétos Bosch et de roues à moyeux RAF (Roues Amovibles Françaises).

Maserati 250 F – Prince Bira 1954 # 2504 – Collection privée. Pas à vendre
Conçue par l’ingénieur Gioacchino Colombo, la Maserati 250 F dispose d’un châssis tubulaire, d’un essieu De Dion intégrant la boîte de vitesse, d’un moteur L6 de 2494 cc développant 270 ch.
Celle – ci fut construite spécialement pour le Prince Bira, fils du roi de Thailande avec laquelle il remporta entre 1954 et 1955 plusieurs places d’honneur en Grand Prix et une victoire au GP de Nouvelle Zélande. Après quoi il se retira de la course. Reconstruite après un accident subi par Ron Flockhart, elle fut intégralement restaurée dans les années 80 et elle abandonna ses couleurs nationales, bleue et jaune pour sa couleur actuelle.

Bugatti Type 57 SC Atlantic – 1934 #57473 Collection privée. Pas à vendre
La fascinante Atlantic fait suite au prototype Aerolithe construit sur une base non surbaissée de 57. La carrosserie en elektron , alliage de magnésium (90%) et d’aluminium (10%) justifia cette crète rivetée, le matériaux ne pouvant se souder. Quatre voitures sur châssis surbaissé et dotées d’un compresseur ( 57SC) furent construites. Leur carrosserie était en aluminium mais la crête qui marquera tant les esprits fut conservée.
Propriétaires : En 1936, l’homme d’affaire Jacques Holtzschub, victime par la suite des nazis, en fut le premier propriétaire. Elle changea ensuite plusieurs fois de main jusqu’à devenir en 1955 la propriété de René Chatard qui eut un accident mortel contre un train à son volant. Broyée, l’auto était quasiment irrécupérable. Reconstruite dans les années 60 avec des pièces de récupération, elle fut considérée comme une réplique jusqu’à ce que l’un de ses nouveaux propriétaires la fasse refaire chez Paul Russell en 2007. Il disposait de certaines pièces authentiques. Il n’empêche que les experts ont du mal à faire d’elle autre chose qu’une semi-réplique.
Mais qu’importe ? En voyez-vous souvent des Atlantic ? Il y en aurait eu quatre. Une a disparu, celle dévolue à Jean Bugatti (#57453). Il en reste trois. Celle de Rothschild, actuellement dans la collection Mullin (#57374), la première, celle de Ralf Lauren (#57591) et celle-ci.





Kidstone et Girardo & Co
Nous rapprochons ces deux marchands simplement parce qu’ils sont les seuls à avoir exposé des Ferrari 250 GTO



Richard Mille
Là-aussi c’est Ferrari qui règne en maitre de l’exposition. On peut se réjouir de la présence de la Ferrari ayant remporté Le Mans 2023, celui du centenaire. Malgré toute l’affection qu’on a pour Ferrari, on peut s’interroger sur la modification de la Balance Of Performances quelques jours avant la course. 2024 nous apportera peut – être une réponse. Mais cette voiture est esthétiquement digne de ses ainées des années 60. Chez Classic Courses on aime le WEC d’aujourd’hui.





Ecurie privée aussi glorieuse :
EN F1 , le team TYRRELL .
En protos je n’en vois pas ; certes il y a eu Filipinetti en Suisse, La Serenissima et bien d’autres en Italie , récemment Glickenhaus mais toutes loin d’etre aussi titrées .
Quant au team US CHINETTI , faut il le considérer comme privé ou équipe d’usine FERRARI ?
En protos pour les années 50 à 70, l’Écurie Écosse est effectivement imbattable. Mais si on remonte moins loin, on peut évoquer le Joest Racing de Reinhold Joest, quatre fois vainqueur au Mans avant même de devenir le bras armé d’Audi et Bentley.
En protos n’oublions pas Jean Rondeau (victoire en 80 et podium en 81 au Mans – devant puis derrière Porsche – aidé certes par un chgt de règlement comme en dernière minute Dallara Ferrari en 2023) . Pensons aussi à Courage qui faillit l’emporter au Mans en 95.
Effectivement , j’avais oublié Jean RONDEAU . Shame on me , d’autant qu’il était français et aurait du etre Champion du monde des marques en 1982 sans une manoeuvre dilatoire ( en fait une magouille honteuse ) de PORSCHE pas vraiment à le gloire de cette marque .
ni de la FIA de l’époque qui a laissé faire PORSCHE .
Vous êtes le premier à signaler que c’est une Dallara Ferrari qui a gagné Le Mans en 2023 . Et c’est exact +++👍👍👍
C’est vrai que cette année, il y avait encore quelques merveilles outre les GTO 62 et 64, il y avait une superbe 275 spider NART chez Kidston. Il faut aussi relever le fait que tous ces stands sont en accès libre, quelques fois avec un peu d’attente c’est vrai.
Cela tranche avec l’accès restreint chez Arcurial où c’est, soit l’invitation ou 50e avec le catalogue, il y a quelques années c’était même 80e !!!