GP de Belgique 1976

GP de Belgique 1976

par | 25 Mai 2026 | 4 commentaires

Circuit de Zolder Terlaemen, Heusden Zolder, province du Limbourg, Belgique, le 16 mai 1976

We skipped the light fandango/Turned cartwheels cross the floor… (https://tinyurl.com/5n8a6bk9) emplit l’habitacle de la Chrysler 180 qui taille l’Autoroute du Nord illuminée au sodium. Christian tient le bout de bois, hiératique.

Patrice Vatan

.

GP de Belgique 1976
Archives Patrice Vatan

Symphonie

Innovation majeure : il a adjoint au Wish You Were Here du Floyd, longtemps musique officielle de l’équipage, deux nouvelles cassettes, Nights in White Satin des Moody Blues et ce A Whiter Shade of Pale qui démontrent un goût musical dicté par l’ampleur symphonique avant tout.

A quoi pense-t-il ? J’observe son profil que strie le balayage stroboscopique des lampadaires. Sans doute au tabouret qu’à l’arrivée au circuit il déchargera du coffre et traînera jusqu’au stand Ligier où il sait que son pote Michel, le gars préposé aux pneus, l’aidera à se planquer.

Zolder

Zolder, un lieu qui ne laisse pas conquérir sans résister. C’est d’abord la ville de Liège que les panneaux routiers changent brutalement en Luik, la langue française s’effaçant au profit d’un sabir abscons ; c’est un chef du service de presse aussi compréhensif que le dogue d’un VoPo.
Je suis tiré d’affaire par mon arme secrète, un badge FOCA valid pour 1976, piqué chez Ligier à Jarama.

Archives Patrice Vatan

Ensign et Ligier

Je m’attarde au stand Ensign. La nouvelle création de Mo Nunn est la quintessence de la voiture de course, fine, légère, harmonieuse dont Chris Amon tire le meilleur. Le manque de moyens que symbolise un simple autocollant Valvoline sur le fond rouge de sa robe, ne la rend paradoxalement que plus belle.

Ensign MN 176 DR

L’ami Monceau n’a d’yeux que pour la 26, la Ligier JS5/01 que Laffite a hissée en 3e ligne sur la grille. Et d’éructer sur le fait qu’il va tous les balader sévère demain, en arrosant sa flammekueche d’une rasade de Jupiler samedi soir à l’hôtel restaurant Le Central, place de la République française, où nous avons nos habitudes. Prosit ! cognons-nous en chœur.

Archives Patrice Vatan

Omloop Zolder Terlamen

Une onde de chaleur brouille la passerelle Wildcat jeans and Jacket qui enjambe la ligne de départ. Le cœur s’arrête de battre. Le centre du monde s’arrime ici et maintenant à 15 h au Omloop Zolder Terlamen, départ du XXXIV Grote Prijs van België et 269e Grand Prix du championnat du monde des conducteurs de F1.

Archives Patrice Vatan

On est tous là, à l’extérieur du gauche serré après les stands. L’expression « en prendre plein la gueule » n’est qu’un doux euphémisme pour décrire la ruée hors norme sur nos frêles silhouettes 26 monoplaces de 500 chevaux que seule l’adresse phémonale de leurs pilotes empêche d’exploser les unes contre les autres.
Les photographes shootent au jugé, les autres gravent la scène en eux pour la ressusciter dans 50 ans.

GP de Belgique 1976
Archives Patrice Vatan

Lauda, Hunt, Regazzoni, Laffite, Brambilla, Depailler et les autres virent devant nous, suivi d’un long miaulement mécanique constitué de V8 Cosworth, de 12 cylindres Matra, Ferrari, Alfa-Romeo.

Surchauffée, l’ambiance du retour

Christian lève les bras au ciel pour la 4e victoire de Lauda cette saison, mais pour ce solide serrurier l’essentiel est que Ferrari gagne. Quant à Gilbert Monceau, la superbe 3e place arrachée par son Jacquot personnel le porte au nirvana.
Puis, plus tard : « Patrice, je vais à Salzbourg F2 le week-end prochain avec Clavier dans sa 204, tu viens ? »

[related_posts]
[ds_share label="Partager"]

4 Commentaires

  1. Linas27

    Cette Ensign pilotée par cet illustre futur retraité au casque mythique est en effet magnifique …

    Réponse
  2. Olivier Rogar Santoni

    Patrick Tambay avait débuté sur cette voiture en 1977. Il me disait que c’était un vrai kart. Légère. Agile. Performante.
    Sur une demie saison il avait marqué à 3 reprises. 5 points au total. Ex æquo avec le très expérimenté Clay Regazzoni sur la même auto. (Et toute la saison pour ce dernier).

    Réponse
  3. Pascal-Emmanuel Mattei

    Merci à Patrice Vatan, dont je lisais les articles dans Autohebdo à cette époque, pour ces récits emplis de l’ atmosphère de ces années-là.
    Et merci à toi, Olivier, pour ce témoignage de Patrick Tambay concernant l’ Ensign. Je me souviens en effet de cette brillante demi saison 1977 , 1 point dès son deuxième Grand Prix , une qualification en 4eme ligne en Autriche et une autre course magnifique à Zandvoort, entres autres réussites. C’ est très interessant de savoir quel était son ressenti à propos du pilotage de cette voiture.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Patrice Vatan
Je suis né à l’automobile entre les jambes de mon père. Mêlés à la poussière soufflée sur la piste de Ain Diab par le vent du large, ce sont des souvenirs quasi post-utérins qui remontent, flashes rouges émis par les Ferrari, les seules auto dont je me souvienne lors du Grand Prix du Maroc 1957, hors championnat mais nullement sans saveur. Vision au ras du sol, comme filmée par Walt Disney lorsqu’il s’adresse aux enfants. Huit ans plus tard une jambe cassée m’envoyait au lit et je dois à la couverture du Sport-Auto de juin 1965 – Jean Guichet sautant dans sa Ferrari 275 P -, que m’avait offert une voisine pour me distraire, ma première vraie émotion automobile à l’état conscient.