Eric Bhat 22 nov 1956 – 08 juin 2025

par | 8 Juin 2025 | 22 commentaires

Malade depuis deux ans, Eric semblait reprendre le dessus et nous évoquions ensemble ses projets. Le 30 mars, il faisait le voyage depuis Paris pour partager avec les copains la bouillabaisse chez Dédé au Rayol, le 9 avril il passait sa note de lecture sur la BD consacrée à François Cevert, et pour le 24 mai il me demandait de publier « Monaco 1972, ce que Beltoise n’avait jamais raconté ».

De Beltoise, premier interview, à Beltoise, dernier article, la boucle était bouclée… Fallait-il y voir un signe ? Le coup de fil que nous a passé Johnny Rives en ce dimanche après-midi nous a cueilli à froid. Eric Bhat venait de nous quitter. L’émotion de Johnny faisait écho à l’enthousiasme d’Eric, éternel jeune homme, toujours avide d’idées, de projets et de nouvelles des uns et des autres.

Tu fais partie des rencontres qui rendent la vie intéressante, repose en paix Eric.

Olivier Rogar

.

D’auto-Hebdo à la médecine Ayurvédique, en passant par la revue « Grand Prix International », Autoplus ou les relations presse chez Renault F1, le parcours d’Eric est connu. Pour lui rendre hommage, nous avons ressorti un de ses premiers articles pour Classic – Courses, en 2013, abordant sa passion pour notre sport et ses débuts de journaliste.

.

Eric Bhat au Grand Prix de Pau 1968

Quand mes camarades Marc et Rémi Bonnefous m’invitèrent à assister au Grand Prix de Pau F2 en 1968, ils n’imaginaient pas que toute ma vie serait marquée par cette après-midi-là. J’avais 11 ans. Je suis tombé amoureux du sport automobile, pour toujours. D’abord il y avait l’odeur, si spéciale, de l’huile de ricin grillée. Il y avait aussi ces moteurs, qui sifflaient comme des sirènes et résonnaient dans toute la ville, spécialement dans mes dents et mes entrailles qui vibraient grave au passage de chaque monoplace. Jean-Pierre Beltoise termina 3e sur sa Matra et devint mon nouveau héros.

L’Equipe

L’année d’après, dans la même tribune, avec les mêmes amis, j’étais déjà devenu un spécialiste à force de lire (gratuitement, dans une Maison de la presse) toutes les gazettes consacrées à la compétition. « Regarde ! » me lança le père de mes camarades, avisant deux jeunes gens qui discutaient en face de nous devant les stands. « C’est Beltoise qui parle avec Servoz-Gavin ! » J’étais assez insolent à l’époque, mais je ne m’en rendais pas compte. « Vous n’y connaissez rien,  j’ai répondu. Ce n’est pas du tout Servoz qui parle avec Beltoise, c’est Johnny Rives, l’envoyé spécial de l’Equipe ! » A partir de ce moment, dans la tribune, chaque fois que quelqu’un faisait un commentaire, il lançait vers moi un regard en coin, pour voir si j’opinais. Je n’étais pas peu fier.

eric bhat

Le cacheton de Graham

Bien des années plus tard, mon ami Gilles Virmoux, fils de l’ancien patron du Grand prix de Pau, m’apprit que les dieux de la course, Graham Hill en tête, négociaient férocement le cacheton pour se produire devant nous. Le journaliste Gérard Crombac me confirma à demi-mot cette information, m’indiquant qu’il était chargé de composer les plateaux des Trophées de France, carnet de chèque à la main pour attirer ses copains anglais. Graham Hill m’a fait un grand clin d’œil quand je lui ai demandé un autographe l’une de ces années-là. Il ne volait pas son pognon !

Le monde selon Eric Bhat

J’ai rapidement rangé les gens dans deux catégories : ceux qui aimaient le sport automobile et les autres. Ces derniers, bien entendu, ne méritaient strictement aucune considération. A dire vrai, nous naviguions aux frontières de l’autisme. Moi, je l’ai déjà avoué, j’étais maboul de Beltoise et ne m’intéressais vraiment qu’à ses courses. Xavier Chimits ne jurait que par Stewart, ce qui provoquait de grands débats entre nous.

Yves Soucasse, un peu mytho, s’inventait une amitié personnelle avec Jacky Ickx. Un autre copain, dont le nom m’échappe, mais dont je n’oublierai jamais qu’il m’a prêté sa Honda 350 toute neuve, un monstre pour l’époque, voyait carrément en Vern Shuppan le meilleur pilote du monde, allez savoir pourquoi, et il récitait son palmarès interminablement.

Eric Thérenty avait parlé 30 secondes avec Roger Williamson, qui était devenu instantanément son idole. Williamson,  j’en suis témoin, avait simplement demandé à notre copain où se nichaient les discothèques de la ville. Depuis, pendant des semaines entières, Thérenty nous a bassiné les tympans avec son Rodgeur.

Et selon ses copains

Pierre Gaston, c’était pire, ou mieux encore. Son favori à lui, c’était Michel Rechède, un adorable mais obscur pilote de Formule Renault ou Formule France, je ne sais plus très bien. Obscur assurément, palois surtout. Croupier au casino de Pau dans le civil. C’est le bon Gaston gascon qui avait le mieux choisi : son héros était très accessible toute l’année et Gaston devint plus ou moins son mécanicien.

Shuppan, cependant, mauvaise pioche, il n’avait jamais mis les pieds à Pau, ignorant sans doute qu’il y comptait un fan. En 1972, quand j’ai croisé le jeune et chevelu Jody Scheckter par hasard dans les rues de la ville, le pilote sud-africain était réellement interloqué que je le reconnaisse. Rédacteur en chef de Grand Prix International, je l’ai retrouvé beaucoup plus tard en Formule 1,  l’année de son sacre (1979). Il se souvenait parfaitement de cette anecdote paloise, à l’heure de ses débuts en F2 sur une McLaren qu’il avait du mal à qualifier.

Sans permis

Après l’autisme, nous avons frisé la correctionnelle. Nous avions approché les frères Bochet, devenus nos véritables maîtres à penser. Maxime tenait la dragée haute à Jacques Laffite, Patrick Tambay ou Didier Pironi en Formule Renault, à tel point qu’Elf l’avait incorporé à sa brillante filière. Classé 5e de sa première course de F2 à Nogaro, Maxime n’allait pas tarder à rejoindre Beltoise et Cevert en F1, nous en étions persuadés. Un destin tout aussi brillant était promis à son cadet Philippe, champion de France de Mep et pilote officiel Hampe en F. Renault.

Je n’ai rien trouvé mieux que de piquer la voiture de ma mère à la première occasion, pour partir voire courir les frères Bochet, à Rouen, ou à Dijon, ou les deux à la suite. J’avais embarqué dans l’aventure Xavier Chimits, ravi de l’aubaine. Roselyne Daum, la fiancée de Philippe Bochet, devint blême en nous voyant débarquer un matin de course dans la VW maternelle (j’avais alors 16 ans, Xavier un an de moins). Nous avions traversé la France toute la nuit pour voir courir nos héros palois. Roselyne nous a passé une mémorable avoinée.

1er Scratch pour Eric Bhat

Xavier reprit sagement le train, tandis que je poursuivais imperturbablement ma route vers… Cannes pour interviewer Patrick Tambay, tout juste promu en F2. Revenu à Pau, j’ai envoyé l’article à Etienne Moity, qui l’a publié sur huit pages dans Scratch (l’ancêtre d’auto-Hedbo). Quand je lui ai téléphoné, Moity m’a d’abord envoyé paître. Casse-bonbon, je l’ai rappelé le lendemain pour lui dire qu’il n’avait pas le droit de refuser mon article sans l’avoir lu. Du coup, il a accepté de le lire puis de le publier. Je ne doutais de rien !

Eric Bhat

Kart et autres acrobaties

A Cannes chez Tambay, avec ses potes, un soir on est allé faire du kart. Bien entendu, j’ai voulu faire le malin, et j’ai fini par me retourner, m’infligeant au passage quelques pizzas monumentales aux mains, aux coudes et aux genoux. C’est donc ensanglanté, sans le permis mais heureux comme un prince, que j’ai achevé mon périple d’au moins 3000 km, non sans avoir pris entre Cannes et Pau deux jolies auto-stoppeuses. Elles étaient très nombreuses à l’époque. Ces deux-là me regardaient quand même bizarrement.

 A part les Bochet, il est vite apparu que nous conduisions comme des sandales. Dès que j’ai eu le permis, je me suis empressé de faire un tonneau au volant d’une Alfa Roméo 2 litres GT en Adour-Océan. Pierre Gaston a cassé plus tard une Porsche à Rouen dans la descente terrible vers le Nouveau-monde. Nous ne faisions pas les choses à moitié !

Journaliste, c’est bien aussi !

Chimits n’a jamais taquiné que la 4L de sa mère, passant tout de même sur trois roues la « chicane » de la Route de Tarbes, non sans escalader parfois la bordure. Bref, le volant ne nous réussissant pas vraiment, nous sommes devenus journalistes. D’ailleurs nous l’étions déjà, pour entrer gratuitement sur les circuits avec une carte de presse, que nous avons d’abord découpée en deux ou trois parties, selon précisément que nous étions deux ou trois ! Chimits cultivait sa plume flamboyante dans les colonnes de Sud-Ouest. Pierre Gaston traquait les confidences de la ville lors des 3èmes mi-temps de rugby, et les livrait savoureusement dans un hebdo local, nommé Playtime si ma mémoire est bonne.

Eric Bhat

Un compliment qui vaut de l’or, celui de Beltoise

Quant à moi, avec mon magnéto reçu à Noël, encore lycéen, je suis allé interviewer Jean-Pierre Beltoise, alors à son apogée, peu après sa victoire à Monaco. Lequel Beltoise, magnifique, m’a accordé un entretien d’une heure, vous vous rendez compte ? J’aime autant vous dire que j’ai léché ma plume pour rédiger les propos de mon héros sans en changer un mot.

Dès qu’il m’a revu à Nogaro, quelques mois plus tard, JPB m’a chaleureusement félicité pour mon papier, devant Jabouille, Depailler, et d’autres encore. Le fidèle Chimits assistait à la scène, et m’a fait remarquer qu’un compliment de Beltoise valait de l’or, tant il y avait à l’époque d’articles qui lui étaient consacrés. Je suis resté impassible, mais dans ma tête, je faisais le paon, croyez-moi !

« Passe ton bac d’abord ! » , très peu pour moi

’enhardissant, j’ai invité Jacques Laffite à La République des Pyrénées, le soir de sa victoire à Pau (1975 je crois). Le lundi matin, j’étais en photo à la Une du canard local, mais je retournais dans une boite à bac à Orthez, car mon bac (obtenu tout de même en trois ans) passait largement après le sport automobile, ce qui n’arrangeait pas mes rapports avec mes parents. Xavier Chimits, lui, parvint à concilier brillamment passion et études, franchissant les étapes sans coup férir jusqu’à Sciences-Po Paris.

Eric Bhat

Deux parrains de poids Pour Eric Bhat

Je découvrais la vie,  ignorant jusque-là que les salles de presse existaient. Sur le paddock palois, en 1973 ou 1974, je me suis hasardé un jour dans un grand bureau où tous les journalistes entraient, une machine à écrire à la main. Evidemment, l’air de rien, je me suis pointé. Johnny Rives et Jean-Louis Moncet m’ont regardé de loin en rigolant, ils ont sans doute eu pitié de mon air d’oiseau perdu, et ils m’ont ménagé une petite place auprès d’eux, devenant ainsi mes parrains dans la presse sportive automobile. Là, ça partait pour de bon !

Eric BHAT

Photos et documents @ Eric Bhat

[related_posts]
[ds_share label="Partager"]

22 Commentaires

  1. JP Squadra

    Vraiment consterné par cette triste nouvelle ! C’était toujours un plaisir de le lire, ici ou auparavant dans Grand Prix International où je l’avais découvert.
    Et puis cette rencontre lors d’un repas à Rétromobile ( grâce à CC) . Je garde en mémoire son regard doux et bienveillant, son écoute et le partage de notre passion.
    Sincères condoléances à sa famille et ses amis.

    Réponse
    • Charpentier Henri

      Quelle immense tristesse que d’apprendre cette nouvelle. Eric je l’ai vu arriver dans les paddocks de F1. .Nous avions fait la même école de journalisme et avons ensuite partagé beaucoup de voyages pour « reporter » les principales compétitions de ce sport, dont la F1. J’étais le spécialiste des courses automobiles sur France Inter de 1975 à 1982. Eric était un charmant compagnon de travail et n’ai que d’excellents souvenirs avec lui. C’était un très gros travailleur. RIP Eric

      Réponse
    • Olivier FAVRE

      JP, j’ai le même souvenir d’un dîner CC en marge de Rétromobile, sans doute le même. Le souvenir d’une belle rencontre avec une belle personne avec qui je m’étais tout de suite senti « en phase ». Outre la tristesse, je suis aujourd’hui partagé entre deux sentiments contradictoires : le bonheur d’avoir pu faire sa connaissance et le regret de n’avoir pu échanger avec lui qu’à cette seule occasion.
      Je lui souhaite de retrouver JPB, Patrick et les autres pour reprendre le fil de leurs discussions passionnées.

      Réponse
      • René Fiévet

        Je me souviens de ce dîner en marge du Rétromobile (en 2018 0u 2019). C’est la seule fois où j’ai rencontré Éric Baht. C’est une personne qui attirait immédiatement l’attention, et il m’avait donné l’impression de quelqu’un de très fin.

        Réponse
  2. Jean-Paul ORJEBIN

    Nos échanges téléphoniques vont manquer, sa bienveillance, ses conseils en tout genre, ses anecdotes, sa gentillesse, son optimisme… jusqu’au bout, un mec bien.

    Réponse
  3. Croullebois Michel

    J’ai eu Éric au téléphone il y a une dizaine de jours, on s’appelait régulièrement pour parler de nos soucis de santé réciproques. Il était pressé que nous nous retrouvions le plus tôt possible avec l’Ami Gérard Flocon pour manger un bon couscous chez son voisin Youssef. Quand Bernard Asset nous a appelé en début d’après midi, j’ai tout de suite pensé à Eric. Les 14 juillet chez lui rue Lecourbe vont nous manquer. Ce soir nous sommes très tristes , il va retrouver de nombreux copains au paradis du sport automobile. Adieu mon cher Fakir, tu nous manques déjà énormément.🥲🥲

    Réponse
  4. ferdinand

    C’est une bien triste nouvelle.
    J’avais toujours plaisir à voir ici son nom en tête d’un article, comme j’avais aimé le lire à l’adolescence, pressentant au ton de ses textes qu’il s’agissait d’un garçon pas beaucoup plus âgé que moi et non d’un de ces darons sentencieux de la presse installée (coucou le tandem vedette de Sport-Auto, mention spéciale au combo pipe-casquette à pompon).
    Et jusqu’à ses derniers articles, il m’a semblé lire un jeune homme tant il savait allier enthousiasme et décontraction. Bon vent à vous, Éric.

    Réponse
    • richard JEGO

      Il fallait en 1962 oser lancer Sport-auto puis 2 ans après l’opération Ford jeunesse qui révéla entre autres Pescarolo ; tout comme il fallait oser lance le fabuleux Grand Prix internationnal .
      Chapeau Messieurs pour avoir osé .

      Réponse
  5. Bernard Landes

    Il est parti en ce Dimanche de Pentecôte , date habituelle et historique du grand Prix de Pau , SON Grand Prix , là où tout avait commencé . . .
    Nous ne l’oublierons pas .

    Réponse
  6. Xavier Chimits

    Mort le jour du GP de Pau… Je n’avais même pas fait le rapprochement. La vie nous avait séparés, mais comme tant d’autres je lui dois énormément, et je n’ai rien oublié. Si je voulais le définir en trois mots, je dirais talent d’écriture, enthousiasme et honnêteté. Soit l’exacte définition de ce que devrait être un journaliste. Et j’en rajouterais un quatrième: générosité. Je regrette de n’avoir pas su te le dire à temps: amitiés éternelles, Eric, et merci.

    Réponse
  7. Christian

    Vraiment trés triste d’apprendre la disparition d’Eric un week-end de Pentecote , plusieurs l’ont signalé , date du GP de Pau cher à notre coeur.
    ses articles m’enchantais . Je le suivais depuis longtemps à travers l’hebdo , ses fabuleux Grand-Prix International et Classic Couses maintenant .
    Connaissez vous la date de ses obsèques ? à Pau ?

    Réponse
  8. Olivier ROGAR

    Les obsèques d’Eric auront lieu
    samedi 14 juin 10h30
    en l’ église Saint-Leu-Saint-Gilles
    92 rue Saint-Denis à Paris.
    Crémation prévue plus tard.

    Réponse
    • Christian

      Ses articles m’enchantaient , oups .
      Merci Olivier

      Réponse
  9. Cy.

    Pensées, très tristes.

    Réponse
  10. Lionel FROISSART

    Comme beaucoup, j’ai fait la connaissance d’Eric à l’extraordinaire époque de la rue de Lille (Paris 7e !) où se situaient les locaux des Editions Michel Hommell (que je salue au passage) et donc d’Auto Hebdo (Circa fin 1976, début 1977). A l’époque je n’étais même pas le début d’un commencement de scribouillard et je fus très impressionné par les articles qu’envoyait Eric de sa bonne ville de Pau. Au-delà de la lecture jubilatoire de ses articles, je percevais une personnalité différente. Une personnalité en fait, tout simplement. La qualité de sa plume n’avait d’égal que la rigueur de ses informations et de ses sujets. Plus tard, j’ai fait la connaissance « en vrai » de ce personnage fascinant et énigmatique. Quel caractère ! Doté d’un humour d’une finesse réjouissante, Eric pouvait faire preuve d’une formidable mauvaise foi (qui n’existait pas dans ses articles) jusqu’à provoquer une fâcherie qui pouvait durer longtemps, Eric observant la situation avec ce petit sourire en coin, attendant que l’objet (l’humain) de sa contrariété baisse la garde et s’avoue « vaincu ». Et lui pardonnait.
    J’ai eu la chance de vivre d’assez près l’aventure de « Grand Prix » et j’ai pu admirer – alors que j’étais plutôt dilettante – la puissance de travail de l’animal palois. Ce qui lui donnait le droit d’être exigeant, que dis-je ?, intransigeant avec ses collaborateurs, qui étaient pourtant, pour la plupart, ses amis. Puits sans fond d’idées, d’énergie, d’envies, de projets, de tout ce qui fait un bon journaliste, Eric n’a sûrement puisé que dans une infime partie de son talent, dont il a pourtant fait profiter une multitude de publications. Son honnêteté journaliste ne le destinait pas à passer de l’autre côté du miroir en devenant un attaché de presse de luxe pour l’équipe Renault F1. ET pourtant, une fois encore, il excella dans cette fonction. Son éloignement (au moins physique) des circuits ces dernières années lui a évité de constater la décrépitude de ce métier (au moins en F1 pour parler de ce que je connais). Car, ce touche à tout de talent (et ce ne sont pas là des propos convenus post-mortem) s’en est allé voir ailleurs. Mais impossible de s’éloigner définitivement d’une passion, voilà pourquoi les lecteurs de Classic Courses ont eu la chance, le privilège, de profiter encore récemment la qualité de ses articles. De quoi regretter de manière tout à fait égoïste que quelques-uns de ses projets restent lettres mortes (sans mauvais jeux de mots). Eric était-il conscient de son talent de plume ? Je n’en suis pas sûr, car il s’est toujours refusé à écrire un livre personnel sur ses expériences de journalistes, ou autre. Tous n’ont pas cette pudeur, mais là on reste sur notre faim. Bon Dieu Eric, tu aurais pu nous accorder cet ultime plaisir quand même. Mais comme tu n’es plus là pour nous porter la contradiction, j’en profite pour te dire que sur ce coup là, tu t’es trompé. Il nous reste quand même de merveilleux souvenir mon cher Fakir. Comme Xavier Chimits (autre compagnon de talent) le dit dans un des commentaires, tu as bien sûr contribué à jouer les turbos et accélérateur de carrière pour nombre de nos confrères. J’ai eu la chance de profiter de tes conseils et petit coup de pouce. Sans toi, je n’aurais sans doute jamais eu la chance d’être introduit auprès de Jean PIerre Delacroix (lui aussi nous a quittés) de Libération, et qui sait si ce ne fut pas décisif pour ma « carrière ». Je suis soulagé d’avoir pu te remercié de vive voix d’avoir joué en quelque sorte les aiguilleurs. Mais ces quelques mots te sont surtout consacrés. J’imagine qu’en lisant tout ce qui a été et sera écrit sur toi donnera une petite idée à ceux qui n’ont pas eu la chance de te connaître quel homme, je veux dire être humain, tu étais. On ne te remercie pas Eric d’être parti si vite. Mais merci quand même d’avoir été là.
    Il y a surement une épingle de la gare , un pont Oscar, un parc Beaumont, une statue Foch, une chicane des maisons tout à là haut. On s’y retrouvera un jour. La bise.

    Réponse
    • ferdinand

      Lionel, merci pour ce partage. Je sais que ce n’est pas tout à fait le lieu ni le moment, mais il me semble que vous pourriez vous aussi venir plus souvent pour quelques retours en arrière, des portraits de héros plus obscurs que les habituels Senna-Prost. Je me souviens de notations caustiques et drôles dans Libération et je ne détesterais pas retrouver cet esprit.

      Réponse
  11. Pierre Ménard

    Ignorant qu’il était malade depuis deux ans, je tombe de l’armoire en apprenant la mort d’Eric Bhat. Comme beaucoup de gens de Classic Courses, je le connaissais un peu et admirais son parcours journalistique. Il y a une quinzaine d’années, ayant un problème de hernie cervico-brachiale, il m’avait dit : « Vient me voir ». J’avais fait plusieurs séance chez ce thérapeute attentionné avec qui on causait course durant les manipulations. Un jour, il m’a fait de la réflexologie plantaire. Un mal de chien ! Il m’a annoncé avec un sourire : « Là, c’est ton foie ». Ah, le salaud ! Salut Eric.

    Réponse
    • Lionel FROISSART

      Toi aussi tu as le droit à la manipulation plantaire. Quelle poigne. Un mal de chien en effet.

      Réponse
  12. Jean-Michel Cravy

    Consterné, moi aussi, comme nous tous, par sa disparition prématurée, à 68 ans à peine…

    Lui qui se targuait des vertus de la médecine traditionnelle indienne, l’ayurveda, ça ne lui a guère réussi, hélas. Il y a deux ou trois ans, on avait encore échangé sur quelques souvenirs communs, lui comme toujours avec sa bienveillance et sa générosité, moi avec avec ma morgue de féroce incroyant à quoi que ce soit d’ordre spirituel, j’avais eu le tord de mettre en doute son orientation… orientale, en arguant mon propre mode de (sur)vie, fait de consommations immodérées de cigares et de whisky, à l’instar d’un certain Winston Churchill. Notre dernier échange s’est terminé par un dernier silence de sa part, ayant sans doute constaté que nous n’avions pas la même vision de la vie, et je le regrette rétrospectivement, même si à 75 balais, je lui survis encore…

    De ces quelques souvenirs communs parlais-je ? D’Eric Bhat, je connaissais alors vaguement son parcours, allant du journalisme aux culottes courtes en passant par la parenthèse d’attaché de presse de Renault F1, jusqu’à devenir rédacteur en chef de l’Automobile Magazine. C’était en 1986. Là, il avait proposé à la patronne de la SETTF, Monique Helfenberger, de créer un magazine automobile grand public. Devant son scepticisme, il était allé fonder Auto Plus avec les Editions Mondiales, sous la direction d’Axel Springer, avec la plus grande partie de son équipe.

    La rédaction de l’Automobile Magazine était décimée… Et c’est là, jeune pigiste auto encore en devenir, que je mets le pied dans la porte. Gérard Flocon, bombardé en urgence nouveau rédac-chef me reçoit. Je lu dis que je veux intégrer le service des essais. Lui me répond : ok, mais là, j’ai un besoin impératif d’un secrétaire de rédaction, après on verra. Et après 4 mois (j’avais fait le CFPJ), je suis enfin versé aux essais, aux côtés de Jean-Claude Letrou, Roger Jonquet et Thierry Emptas, qui plus tard font ma promotion pour intégrer l’Auto Journal… Le magazine voisin de pallier d’Auto Plus, dont le rédac chef est un certain… Eric Bhat ! De là notre rencontre. A un moment, aucun de ses essayeurs n’étant disponible pour une présentation de presse, il me sollicite pour assurer le papier. Ce que j’accepte, naturellement. Mais Bhat me dit qu’en raison de la proximité économique entre Auto Plus et l’Auto Journal, il me pourrai pas me payer dans les règles. Mais il l’a fait en m’offrant une caisse de bouteilles de Saint Julien.

    Voilà comment j’ai rencontré Eric Bhat. C’était il y a longtemps… Je n’ai pas vécu ce que d’autres ont fait, de manière bien plus intime, personnelle et émotionnelle. Mais c’est en tout cas mon témoignage. Et j’ai aimé le rencontrer, oui, même si ça a été de manière trop fugace…

    Réponse
  13. Thibault Larue

    Cher Eric, cher Fakir, quelle chance d’avoir été plus de 15 ans ton ami proche. Je n’ai pas eu la chance de te connaître dans ta première vie. Crois bien que je le regrette profondément. La première fois où Bernard Asset nous a présenté dans ton appartement de la Rue Lecourbe, j’ai su que je rencontrais quelqu’un d’à part. On ne choisit pas sa famille, c’est bien connu, mais parfois, la vie met sur notre chemin des gens que l’on choisit et qui nous choisissent en retour. J’ai le sentiment que tu avais choisi quelques privilégiés comme les fils que tu n’as pas eus, comme eux en retour t’ont choisi comme le père qu’ils n’ont pas eu ou auraient aimé avoir.

    On avait plusieurs fois noté avec ironie que tu avais quitté Auto Plus et les couloirs de la Rue du Colonel Pierre Avia, quelques jours avant que je n’arrive en stage à Sport Auto. Tu étais alors un Monstre Sacré, et j’étais un stagiaire, prêt à servir tous les cafés du monde, rêvant d’une autre vie, la tienne. Grâce à Jean-Louis Moncet, sans qui rien n’aurait jamais été possible, j’avais une chance à saisir.

    Ta carrière a été 100 fois racontée, ici et ailleurs. Quel génie de la presse tu as été. Ayant connu la presse de l’intérieur pendant 17 ans, j’ai longtemps mis du temps à comprendre pourquoi tu n’y étais plus. En fait, non, ce n’est pas vrai du tout. Il était malheureusement évident pourquoi tu ne pouvais plus en faire partie. Tu étais trop grand pour cette nouvelle ère de la presse. Trop indépendant pour « ses » nouveaux patrons. Trop honnête pour ce nouveau monde où la pub, la marketing et la communication allaient ériger le mensonge et la tromperie en art. Tu étais trop entier, trop honnête, trop investi pour tout cela, trop attaché à l’humain, trop obnubilé à penser aux lecteurs en premier et à tes équipes ensuite.

    Je n’ai jamais vraiment réussi à savoir à quel point cette blessure vivait encore en toi. A quel point cette désillusion avait pu intérieurement te ronger. Tu étais trop optimiste et fonceur pour avouer quoique ce soit, et surtout ton talent allait être employé ailleurs. Même après Auto Plus, tu as créé d’autres titres, y mettant tout ce que tu avais, ton talent d’abord, ton argent ensuite. Mais là encore, tu dérangeais. Décidément, Eric, il ne faisait plus bon être meilleur que les autres… Quand devant un bon couscous chez Youssef, une bonne Milanaise au Cantocino ou juste un thé sur ta terrasse, on parlait toujours de tes vies dans la presse, je sais qu’au fond, tu en avais souffert. Une injustice dont je ne t’ai jamais entendu te plaindre. Combien de fois, j’exprimais une colère devant ce qui t’était arrivé. Mais tu restais imperturbable : « ma vie, cher Flying Tibo (le surnom qu’il m’a donné pour les incessants voyages que 17 ans de GP de F1 exigaient… ces dernières années, j’étais devenu « Railing Tibo » car les tours du monde en avion ont été remplacés par des tours de France en train), est ailleurs maintenant. Dans l’huile de Sésame, dans l’Ayurveda ! D’ailleurs, mâche plus! Tu te souviens des 3 métiers de l’estomac ? » Et comment je m’en souviens. Je dévorais tes articles dans les gazettes spécialisées. Tu écrivais toujours aussi bien, sur l’Ayurveda, autant que sur la F1 ou l’automobile en général.

    J’ai eu la chance donc de connaître ce deuxième Éric, qui en fait était le même que le premier. J’ai retrouvé, il y a quelques jours la compilation 1979 de GP International, que tu m’avais offerte en 2011. C’était celle de mon année de naissance. Sache Eric que je n’avais pas vu la dédicace, ou alors je l’ai inconsciemment oubliée tellement elle me paraissait improbable. « Thibault, tu es le successeur… » Je n’avais pas un dixième de ton talent, de ta force et de ton courage. GP International était juste une claque. Un OPNI, un objet publié non identifié. Le fruit de tous tes excès. Tu me l’avais un jour avoué : « j’ai sans doute perdu une partie de ma santé dans ses années pleines de stress, d’adrénaline, de clopes, et avec peu de nuits réparatrices et de repos » On pleure de te voir partir à seulement 68 ans, mais il est bien évident qu’au vue de ta cadence de vie jusque-là, tu en as en fait vécu 10 de vie… Vata, comme disent les Indiens. Tu étais beaucoup trop Vata, Eric. Je te pensais indestructible et encore paré pour de belles années.

    J’ai retrouvé aussi les emails que tu m’envoyais pour me féliciter de certains articles, de certains angles que tu trouvais originaux, et de l’iMagF1, ce magazine digital que j’avais eu l’idée de lancer 4h après chaque grand prix. « J’aurais aimé le faire, cela. » Je l’avais pris comme un sacré compliment.

    Je n’oublie pas non plus que tu es revenu sur un GP, en 2011, avec Bernard Asset et moi-même. Je rêvais depuis des années de te voir dans un paddock. Tu n’y tenais pas particulièrement. Mais les planètes aillaient s’aligner d’un coup. L’Inde et la F1… toute ta vie réunie d’un coup d’un seul ! Tu devais être de la partie. Je suis fier d’y avoir participé en t’ayant eu un pass chez Renault, grâce à Eric Boullier, à qui je n’avais jamais rien demandé avant et à qui je n’ai plus rien demandé après.

    L’Inde était le pays de tes ancêtres paternels. Tu nous amené, Bernard et moi, au Temple Bhat, de tes aïeux, à Puna, ou Lonavala (j’ai un doute tout d’un coup). Tu te souviens, Eric, de ce voyage ? Moi, je m’en souviendrai toute ma vie, c’est sans doute l’expérience la plus puissante que j’ai vécue. J’ai failli mourir 10 fois en Inde. Je pleurais tous les soirs. Chaque minute avec toi là-bas était une aventure à la Tintin. Rawhajpoutalah n’était alors pas le royaume imaginaire de Hergé. Tout ici était bien réel ou plutôt totalement irréel en fait quand on vient d’Europe, qui plus est de France et encore plus de Paris. Tu nous as trimballé partout. Tu étais prêt à 2h45 de route interminable et que je trouvais trop dangereuse pour nous présenter un ami indien. Ils nous sortaient tous une bouteille de whisky, croyant nous faire plaisir… Tu nous amenais distribuer des médicaments à des nécessiteux. Là aussi, je pleurais souvent. « Incredible India » comme tu disais tout sourire. Oui, incroyable Inde, je confirme… Que j’ai détestée autant qu’elle m’a fasciné.

    Tu te souviens, aussi, dans le paddock de Buddh à New Delhi ? Je te présentais à tout le monde. « Voici Eric Bhat, mon ami, un génie de la presse. Il avait fait GP International. Il a créé Auto Plus…. » Tu m’avais fait remarquer le dimanche soir en rentrant à l’hôtel que je t’avais parfois présenté 3 fois à la même personne. En retour, elle t’avait dit : « Encore une fois enchanté, cher Eric! Dîtes-moi, il vous admire énormément… » S’ils savaient… 99,99 % du paddock de la F1 détestait l’Inde. Évidemment car leur hôtel n’était pas assez luxueux… Et toi tu leur répondais, en levant les bras au ciel comme tu le faisait si souvent : « Magnifique, l’Inde. Magnifique. » Tu les exaspérais…

    Ce GP d’Inde, avec toi, était juste un moment suspendu. Le GP d’après, j’ai rejoint Abu Dhabi (deux salles, deux ambiances, avec 6 kg de moins et un sacré cafard de ne plus t’avoir avec nous. Tout le monde était bien fade, à côté de toi. Heureusement, il y avait Jean-Louis Moncet. Que cela devait être extraordinaire de faire les GP avec toi…

    Je dois dire aussi aux lecteurs de ce site – que tu aimais beaucoup car tu y étais libre, chose que tu chérissais le plus au monde et que tu avais perdue partout ailleurs – que tu étais en fait avant tout un être humain exceptionnel. Je ne sais plus qui disait (peut-être personne en fait, ou alors un peu tout le monde) : « les amis, c’est quand tout va bien. » Avec toi, c’était l’amitié totale, tout le temps, et encore plus quand cela allait mal. Donner, sans jamais rien attendre en retour. Et là, je peux témoigner, comme plein d’autres de ceux qui étaient en pleure à la messe en ta mémoire samedi dernier, que tu étais le seul à ne pas tourner le dos. Oui, oui. LE SEUL. Tu as été là pour énormément de jeunes passionnés qui se sont un peu perdus en chemin, pour de nombreux journalistes déboussolés par l’évolution de leur métier ou avalés puis recrachés par un système en perdition. On tombait un peu tous comme des mouches… Tellement déçu que l’on était de ne pas faire totalement le même métier que toi, de la même façon… Tu aurais pu t’en laver les mains ou même en profiter pour parler de toi. Non, tu étais là, tel un roc auquel on pouvait s’accrocher quand tout tremble autour et que le sol s’écroule. Tu n’étais même pas nostalgique. Encore moins aigri. Là, je dois confesser que je n’ai jamais trop compris comme tu faisais pour ne pas l’être. Moi qui suis par nature un être nostalgique, tellement sensible à ce qui se faisait avant. Il n’y a pas de doute, c’était mieux avant. Encore plus maintenant que tu n’es plus là.

    Comme je disais à ta famille encore hier au moment du dernier adieu, tu as failli me tuer en Inde en 2011 (j’ai fini aux urgences au beau milieu de la nuit dans les bras de ton ami le colosse, le Colonel Kher), mais par ailleurs combien de fois tu m’as sauvé ensuite… Je ne sais pas combien de fois je t’ai dit MERCI pour tout cela. J’espère assez.

    Réponse
    • Croullebois Michel

      Thibault, tu as magnifiquement résumé la vie de notre Ami Éric.
      Lorsque qu’il venait déjeuner à la maison, effectivement il fallait bien macher😂 il machait tellement doucement que Nicole devait lui réchauffer son assiette 2 ou 3 fois. Une autre fois,il m’appelle avant de venir, car j’allais le chercher à la gare d’Arpajon, et il me demande si j’ai le livre sur Gordini écrit par Christian Huet. Je lui dis que non.
      En arrivant à la maison, il me sort ce gros livre de son sac et me dit, c’est pour toi, cadeau. J’ouvre le livre, et je tombe sur une dédicace de Fangio qu’il avait faite à Eric. Je lui dis que je ne peux accepter ce cadeau et je lui rends. Il grogne et me dit que quand il fait un cadeau c’est toujours avec plaisir.
      En rentrant de la messe samedi dernier, je n’ai pas pu m’empêcher de ressortir ce livre de ma bibliothèque et je l’ai feuilleté les larmes aux yeux. Je l’ai connu en 2007 ou 2008, c’est encore un Ami qui me manque énormément, Jean Pierre Beltoise.
      Lorsque j’ai appelé Éric en 2013 pour lui demander de venir animer la journée pour le quarantième anniversaire du décès de François Cevert à Montlhéry, et en présence de Jackie Stewart et de nombreux pilotes, il m’a dit qu’il était très honoré que j’ai pensé à lui.
      Nous avons passé que des très bons moments avec Eric.
      La dernière fois que je lui ai téléphoné, 12 jours avant son départ, il m’a dit qu’il se sentait bien mais que les médecins n’étaient pas satisfait de ses examens. Je pense qu’il cachait son état de santé à sa famille et ses amis.
      Nous ne l’oublirons pas et penserons très fort à lui le14 juillet, qui était pour Éric l’occasion de réunir ses amis pour dîner et assister au feu d’artifice depuis sa terrasse.
      Adieu l’Ami, tu nous manques 🥲🥲

      Réponse
  14. Christian

    Merci à Patrice Vatan de nous avoir fait part des obsèques d’Eric . Je n’avais pas osé demander si ses amis pilotes et journalistes etaient présents pour l’accompagner.
    je relis ses Grand-Prix avec nostalgie et gourmandise.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Olivier Rogar
« Petrol head » ? L’automobile m’a toujours passionné. Les tacots, les goûters au Pub Renault, Saint Antonin à Aix en Provence et enfin le Paul Ricard, m’ont fait passer de Sport-Auto à Auto-Hebdo et l’Equipe. Attrait pour les protos du Mans et les CanAm d’abord. Puis la F1 au cours de cette incroyable saison 1976. Monde aussi inaccessible que fascinant que j’ai fini par tangenter en 1979-80 au Paul-Ricard puis en Angleterre. Quelques photos m’ont amené à collaborer à «Mémoire des Stands» puis, à sa disparition, en 2012, à créer Classic COURSES. Je trouve dans le sport automobile les valeurs de précision, de prise de risques, de rapidité dans la décision dont la maîtrise conditionne une vie « active ».