Achille Varzi : l’abîme d’un destin (2).

par | 4 Fév 2021 | 14 commentaires

En mai 1936, Achille Varzi remporte un Grand Prix de Tripoli qui sent le caniveau. Cette « victoire » va changer radicalement le cours de son destin, le faisant basculer vers la noirceur d’une aventure chimérique dont il aura toutes les peines à revenir.

Pierre Ménard

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Achille Varzi fit une splendide prestation sur son Auto Union sur la patinoire monégasque en 1936, seulement devancé par le Regenmeister Rudi Caracciola © DR

Debout sur le balcon de la chambre du somptueux hôtel que les pilotes de Grand Prix ont l’habitude de fréquenter lors du Grand Prix de Tripoli, Achille Varzi porte ses mains tremblantes à son front. Il aimerait faire taire ces moteurs qui lui rappellent la sinistre pantalonnade qui s’est déroulée en cette journée du 10 mai 1936. Il aimerait tant s’endormir enfin, bercé par la quiétude de la nuit africaine d’ordinaire pourvoyeuse d’images de la magie des pays arabes. Mais la seule qui repasse en boucle dans sa tête est celle de sa poursuite sur son coéquipier Hans Stuck l’après-midi même sur les longues lignes droites de l’autodrome de Mellaha. Et de ce drapeau vert, dont il apprit par la suite qu’il fut agité par le docteur Karl Feuereissen, directeur de course de l’écurie, au passage de la première Auto Union.

Il signifiait à Stuck l’ordre de ralentir. Il fut brandi à plusieurs reprises et c’est ainsi que dans le dernier tour, Varzi fondit – à sa plus grande surprise – sur la monoplace de son coéquipier et le doubla à quelques encablures de la ligne d’arrivée. Il passa premier sous le drapeau frénétiquement agité par le maréchal Italo Balbo, gouverneur de la province libyenne rattachée à la couronne d’Italie et accessoirement directeur de la course, avec 2/10e d’avance sur Hans Stuck ! Il se vit ensuite remettre une immense coupe par le même maréchal, quelques instants après que Stuck eut une violente discussion dans le garage Auto Union avec son directeur d’équipe. Dans la pénombre de sa chambre, Varzi se remémore le visage cramoisi de son coéquipier allemand, et ceux, réjouis, de son équipe et des officiels. Où était le problème ? Il revoit alors la somptueuse réception donnée il y a à peine quelques heures par le gouverneur en son fastueux palais. Et le toast de Balbo, le fameux toast !

Achille Varzi
Sur le podium de Tripoli en 1936, Achille reçoit des mains du maréchal Italo Balbo (à gauche) la coupe du plus beau dindon de la farce © DR

Les lois de l’axe Rome-Berlin

Sanglé dans son uniforme de parade, le fier représentant de la couronne lève sa coupe de champagne vers le vainqueur du Grand Prix… en regardant un Hans Stuck médusé. Qui lui fait respectueusement remarquer que le vainqueur est assis en face. Achille se rappelle parfaitement la crispation de ses doigts serrant le pied de son verre à ce moment-là. Il entend encore la voix suave de Balbo expliquant au pilote allemand qu’il sait parfaitement qui a gagné sur la piste cet après-midi, et pourquoi il a gagné, mais qu’il veut ainsi rendre hommage au vainqueur moral. Varzi se rappelle alors la petite douleur fulgurante à sa main lorsque le verre se brisa, et son brusque retrait du dîner.

Il avait appris de la bouche même de Feuereissen après la course que les gouvernements allemand et italien s’étaient mis d’accord sur le fait que chaque pays devait faire gagner un pilote de sa nationalité dans les courses s’y déroulant (1). La Libye ayant été annexée par l’Italie en 1922, il était clair que Varzi devait gagner pour Auto Union (2). Ce succès au goût déplaisant de magouille avait de fait ulcéré l’Italien, et le toast sirupeux du maréchal Balbo fut le geste de trop. Achille se relève soudainement de son lit et reste un moment prostré. Puis il redresse lentement la tête : Ilse vient d’entrer dans la chambre.

La sculpturale Allemande prend doucement la tête de son amant dans ses mains et lui propose un « sédatif » pour trouver le sommeil. Elle sort de son sac une ampoule, ainsi qu’une petite seringue. Achille refuse tout d’abord, effrayé par ce qu’il considère comme l’incarnation du mal. Ilse lui fait remarquer qu’il se fait lui-même bien du mal avec toutes ces cigarettes et qu’il faut juste considérer cela comme une aide ponctuelle, quand l’esprit est trop tourmenté. A bout d’arguments et désirant avant tout retrouver la paix intérieure, Achille Varzi s’allonge, et tend son bras. Ilse défait lentement le bouton de la manche de chemise et la retrousse pour trouver la veine dans le creux du bras.

Les amants n’ont plus à se cacher, leur liaison est officielle en 1936. Leur addiction commune ne l’est pas, elle © DR

Schwester morphine (3)

La semaine suivante lors du Grand Prix de Tunis, l’Auto Union de Varzi fut déséquilibrée par un violent coup de vent et termina sa course dans un champ en contrebas. Initialement assommé, le pilote réussit à sortir par lui-même de l’épave, miraculeusement indemne. Mais les secouristes trouvèrent un homme profondément choqué, tremblant de tout son corps, et incapable d’allumer sa sempiternelle cigarette. Le docteur Glaser, médecin de l’équipe, ne décela rien de spécial dans son auscultation et mit ce comportement sur le compte du choc encaissé dans l’accident. Il lui ordonna d’aller prendre du repos à son hôtel. Ce que fit Varzi. Ilse l’attendait dans la chambre. Il s’allongea et elle sortit l’ampoule et la seringue.

A compter de la deuxième partie de cette saison 1936, le jeune coéquipier de Varzi, Bernd Rosemeyer, se mit à aligner les victoires au détriment des Mercedes dépassées par les événements. Le titre européen lui tendait les bras, et ce n’est pas Achille Varzi qui pourrait s’y opposer : le bel Italien était de plus en plus insaisissable et son comportement devenait erratique : mal coiffé, il pérorait sur tout et n’importe quoi, lui qui était plutôt du genre taiseux, et son pilotage ne semblait plus aussi inspiré qu’avant. Le Dr Feuereissen questionna son entourage, en vain, puis décida de lui faire passer une visite médicale… qui n’indiqua rien de précis. Mais le dirigeant n’était pas idiot : il se doutait qu’un insidieux poison était en train de bouffer de l’intérieur son pilote autrefois si flamboyant. Il se résolut à en avoir le cœur net.

En cette fin de saison 1936 (ici Monza), Achille Varzi fit tout pour convaincre ses dirigeants qu’il était toujours un grand pilote. Peine perdue ! © DR

Lors du Grand Prix de Suisse, il s’assura personnellement que Varzi grimpait bien dans son Auto Union pour quelques tours d’essais de circuit, tours qu’il mit à profit pour foncer à l’hôtel où logeait l’Italien. Il monta dans la chambre, frappa et entra sans attendre. Assise devant sa coiffeuse, Ilse se retourna brusquement et eut juste le temps de recouvrir d’une serviette de toilette quelque chose sur le meuble. Après quelques mots où il sentit la belle Allemande bien peu sûre de son fait, Feuereissen fonça sur la coiffeuse et souleva la serviette, découvrant une ampoule de morphine vide et une seringue plongée dans une bouilloire. Il dévisagea, incrédule, celle qui était en train d’empoisonner un de ses pilotes.

Clean

Les Auto Union signèrent un retentissant doublé sur le dangereux circuit de Berne-Bremgarten, Varzi terminant deuxième à 38 secondes du vainqueur Rosemeyer. Le Piémontais fournit ce jour-là une remarquable – et désespérée – prestation, comme pour prouver à Feuereissen et à toute l’équipe qu’il était toujours le grand Varzi. Mais son sort chez Auto Union était d’ores et déjà scellé : il ne ferait pas partie de l’aventure en 1937 ! Dès lors, les supputations allèrent bon train en Italie : on l’annonçait carrément chez Alfa Romeo à la Scuderia Ferrari ! En fait, personne ne vit plus le bel Achille.

Le perspicace journaliste italien Canestrini savait que le pilote perdu avait élu domicile à l’hôtel Cavour de Milan, délaissant son appartement pour éviter d’avoir à s’y quereller avec Ilse lorsque les effets de la morphine se dissipaient. Il lui fit porter une lettre amicale dans laquelle il l’implorait de retrouver la raison. Il faisait allusion au « chemin sans issue » qu’avait pris l’homme désespéré et le suppliait de renoncer à « tout » ce qui l’y avait mené. Ce « tout » englobait naturellement celle qui était la source de sa chute.

Achille Varzi
Le retour de Varzi en 1937, à San Remo sur Maserati © DR

Ce n’est qu’en juillet de 1937 que le public italien stupéfait vit réapparaître Achille Varzi. Il s’était engagé sur une Maserati 4CM dans le Grand Prix de San Remo réservé aux voiturettes. C’était un Achille vieilli prématurément, les cheveux gris et l’air encore plus torturé qu’auparavant que les tifosi virent arriver dans les stands. Mais le talent était assurément là puisqu’il s’imposa au terme des trois manches. Il choisit alors ce bon moment pour retourner voir le docteur Feuereissen. Il plaida sa cause avec toute la dramaturgie latine que l’on peut attendre d’un tel personnage, jura qu’il avait renoncé à la drogue et qu’il s’était séparé d’Ilse. Il se montra convaincant puisque le dirigeant d’Auto Union lui proposa de piloter lors des trois derniers Grands Prix de la saison, Livourne, Brno et Donington. Une sorte de test pour voir si le Varzi qu’il avait autrefois apprécié était bien de retour.

Le temps des prétextes discutables

Contre toute attente, Achille réalisa d’excellents essais sur le circuit de Livourne, qui le placèrent en première ligne, entre le poleman Caracciola et Rosemeyer. Tout de même ! Mais c’est en course que ça se gâta : il ne tint pas le rythme et termina péniblement 6e. Les mécaniciens aidèrent à sortir de son habitacle un pilote inondé de sueur, rincé par l’effort. Feuereissen pointa alors du doigt l’écart qu’il y avait entre faire un bon temps sur quelques tours en qualifications et soutenir les presque trois heures de furie d’un Grand Prix. Lors de la course suivante à Brno, il sembla qu’Achille Varzi eût trouvé le prétexte idoine pour se sortir à peu près indemne de ce guêpier.

Il arriva aux essais avec deux doigts mystérieusement bandés, et tourna à un rythme que même un débutant aurait dépassé. Après consultation auprès du docteur Glaser, qui ausculta l’Italien et resta grandement sceptique quant à la réelle blessure de son patient, Feuereissen conseilla à son pilote de ne pas se compromettre dans une course où il ferait de la figuration. Celui-ci demanda l’autorisation de quitter la ville. Feuereissen la lui accorda, mais ne l’appela ensuite pas la semaine suivante pour être du voyage à Donington.

L’épilogue de cette pitoyable aventure eut lieu à Munich, dans les premiers mois de 1939. Hans Stuck tomba par le plus grand des hasards sur une fille dépenaillée au pied d’un hôtel qui lui demanda de l’argent afin de quitter l’Allemagne pour l’Italie. Le pilote éberlué reconnut alors Ilse et sut que cet argent aurait vraisemblablement servi à aller acheter quelques doses supplémentaires de morphine. Il demanda à la malheureuse un délai pour pouvoir en parler avec sa femme Paula, mais fut averti le lendemain que l’ancienne maîtresse d’Achille Varzi s’était défenestrée ! (4)

Le dû de Bremgarten

Quant à Achille Varzi, il ne revint sur les circuits qu’en 1946, lors du Grand Prix du Valentino à Turin. Il avait passé la guerre chez ses parents à les aider dans l’entreprise familiale et surtout, s’était enfin marié : en 1941 avec Norma Colombo – décidément bien patiente et pas rancunière – évoquée dans la première partie de ce diptyque. Etaient-ce les dures années de guerre ou bien une relation dépourvue de toute toxicité avec sa nouvelle femme – elle qui l’aida à se défaire de sa terrible addiction ? Toujours est-il que Varzi portait beau à quarante-deux ans bien sonnés, et le prouva en course en terminant premier sur son Alfetta 158, devant Wimille sur la même monoplace et Sommer sur une Maserati.

Achille Varzi
Achille Varzi rééquilibra sa vie après guerre en épousant sa soupirante de longue date Norma Colombo (ici vue au début des années trente) © DR

La belle vie allait recommencer : il avait signé avec la firme au Quadrifoglio, aux côtés de Jean-Pierre Wimille, du Comte Felice Trossi et de Giuseppe Farina, pour piloter les prometteuses 158. Il semblait heureux, moins taciturne qu’avant-guerre et ses résultats en 1947 parlèrent pour lui. Il était dans le coup, gagnant à Rosario, Interlagos et Bari, et finissant deuxième à Spa et à Milan. L’Alfetta était désormais parfaitement au point et 1948 laissait augurer de beaux combats.

Après une tournée régénératrice dans une Amérique du Sud qu’il avait appris à aimer de plus en plus – et où il avait rencontré un prometteur pilote local, Juan Manuel Fangio, Achille Varzi se rendit à Berne début juillet pour disputer sur son Alfa officielle le Grand Prix de Suisse sis à Bremgarten. Tristement fidèle à sa réputation de circuit dangereux lorsqu’il pleut, le tracé helvète fut fatal au champion moto Omobono Tenni lors d’une course disputée sous l’orage en prélude du Grand Prix. La grande faucheuse était venue « faire son marché », et elle n’en avait pas terminé !

Achille Varzi
En 1947, l’Alfa Romeo 158 promettait des lendemains qui chantent pour Achille Varzi © DR

Les essais pour les Formule 1 – puisqu’il fallait désormais les appeler ainsi depuis la saison dernière – débutèrent sous la pluie, et Varzi se fit piéger dans une descente : une petite faute, qu’il corrigea apparemment de façon trop brutale. Son Alfa partit alors en toupie, heurta une clôture et se retourna, brisant instantanément la nuque de son pilote. L’équipe italienne parla de se retirer en signe de deuil, mais c’est Norma Varzi qui demanda expressément à ses coéquipiers de courir en mémoire de leur défunt camarade. Trossi et Wimille signèrent un doublé en tête, avec Sanesi en quatrième position dans une course décidément maudite, endeuillée par la mort du Suisse Christian Kautz (qui avait brièvement piloté pour Auto Union avant-guerre).

La dépouille d’Achille Varzi fut veillée trois jours dans sa ville natale de Galliate, et il fut enterré en présence d’une foule considérable, signe d’une réelle notoriété dont doutait certainement l’éternel inquiet pilote italien. Le gratin du sport automobile était présent en ce 4 juillet 1948 et Canestrini, celui-là même qui avait enjoint son ami Achille de revenir à la raison fin 1936, lut un discours poignant se terminant par ces simples mots : « Maintenant tu te prépares pour une autre course, la dernière grande course. Une course sans danger, sans inquiétude ni chagrin. Bonne course, Achille ».

Achille Varzi
Des funérailles grandioses pour celui qui avait toujours douté de sa popularité © DR

Notes

(1) C’est à l’issue de ce fameux Grand Prix que Stuck, dégoûté par la manœuvre politicienne, aurait balancé de rage son volant aux pieds du Dr Feuereissen en criant : « Au diable l’axe Rome-Berlin ! ».

(2) Chez Mercedes, Luigi Fagioli aurait été le vainqueur désigné au détriment de Caracciola, mais l’Italien n’ayant pas été un candidat pour la victoire, le problème ne se posa finalement pas.

(3) Sister morphine en allemand.

(4) Ilse rata son suicide, et réussit à retrouver le chemin de la sérénité. Elle épousa en 1941 un chanteur d’opéra allemand et vécut jusqu’au début des années soixante-dix.

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14 Commentaires

  1. Linas27

    Un parcours chaotique avec la résilience qui suit… Au moment où le sort s’en mêle …Merci pour ce bon papier.

    Réponse
  2. Philippe Robert

    merci Pierre

    Réponse
  3. richard JEGO

    Félicitations à l’auteur pour nous avoir tenu en haleine avec ces deux articles . J’ai une question à laquelle M.MENARD ou une autre personne a peut-etre réponse : à cette époque dite des « titans  » les courses duraient 3 heures ou plus , les moteurs donnaient dans les 700 CV et ….les voitures avaient des pneus de  » bicyclette  » en comparaison des monoplaces actuelles de meme puissance ( F2 par exemple , ou F1 d’il y a 20 ans ) . La question est : comment faisaient ils pour passer la puissance et tenir sans que le pneu éclate sous les efforts subis ?

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    • Pierre Ménard

      Les pneus éclataient. Vous pouvez vous reporter à la note sur le GP d’Allemagne 1935 pour voir comment Nuvolari a gagné sur son Alfa moins puissante face à la Mercedes de Von Brauchitsch.

      Réponse
  4. richard JEGO

    Commentaire délicat : je possède le livre de Chris NIXON  » Racing the silver arrows  » sorti en 1986 et quand j’ y lis les pages consacrées à VARZI ( 128 à 137 ) il me semble pour de nombreux paragraphes lire la version anglaise ( originale ?) des deux articles de classic courses .

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    • Pierre Ménard

      Je me suis bien sûr inspiré de l’incontournable bouquin de Nixon, monsieur Jego, comme d’autres ouvrages. Mais en aucun cas il s’agit de la « version anglaise » ou que sais-je. Le journaliste n’invente rien, il essaie de retranscrire au mieux les sources qu’il récupère de ci, de là. Si vous n’en avez pas conscience, je ne peux pas faire grand chose pour vous, désolé.

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      • Linas27

        Bien argumenté Pierre Ménard, en ce qui me concerne j’ignore les commentaires où l’on se contente de pérorer.

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        • Pierre Ménard

          C’est ce que j’ai fait pendant des années. Cette fois, j’ai voulu aimablement répondre à sa question, j’en ai été bien remercié.

  5. Luc Augier

    Captivant récit. Quand j’ai débuté dans le journalisme, Canestrini était une sommité.

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  6. Olivier Rogar

    Superbe article, Pierre. Une période fascinante. Un véritable scénario de film. Qui relevera le défi ?

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    • Pierre Ménard

      Tu l’as dit, Olivier : un scénario en or ! J’imagine un film de la tenue de Rush avec les palmiers, la furie des moteurs, les hôtels arts déco, etc. Rêvons, rêvons…

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  7. François Blaise

    Merci Pierre pour ce beau reportage concernant l’époque des titans que malheureusement nous n’avons pas connu .

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  8. Pierre Besson

    Bravo pour ces deux notes sur l’histoire de Varzi qui, comme certains l’ont déjà souligné, ferait un beau scénario de film.
    Je voudrais à cette occasion revenir sur le livre d’Alfred Neubauer « Männer, Frauen und Motoren », traduit en anglais par « Speed was my life » et plus maladroitement en français par « Mon royaume la vitesse », pour ceux (rares probablement dans ces colonnes…) qui ne l’auraient pas lu et qui évoque également cette histoire.
    J’ai dévoré ce livre à 11 ou 12 ans en édition Marabout-Junior (allez disons en 1965) et l’ai redécouvert de nombreuses années plus tard dans l’édition française originale parue chez Robert-Laffont. J’avais eu alors la surprise de voir qu’une large part des aventures de Varzi avec Ilse avait été expurgées dans la version Marabout destinée à la jeunesse !
    Alors bien sûr « Don Alfredo » se donne toujours le beau rôle, romance parfois ou est ailleurs très approximatif. Par exemple, la façon dont il décrit le recrutement de Seaman, ou plus tard celui de Stirling Moss, prête à sourire.
    Mais il a quand même brossé là une fresque magnifique et palpitante de l’histoire du sport automobile depuis les années 20 jusqu’au milieu des années 50. Il a aussi porté de l’attention dans son récit à l’histoire des hommes – et des femmes, voir le titre original – celle qui fascine particulièrement certains d’entre nous, au moins autant que celle des moteurs et des résultats des courses.
    Bref, on a parlé de scénario de film, mais c’est toute une série que pourrait inspirer ce bouquin.
    J’ose dire que je lui dois beaucoup pour mon intérêt au sport auto. Au moins autant qu’à Michel Vaillant !
    Je l’ai fait lire il y a quelques années à ma compagne, grande lectrice ne prêtant qu’un intérêt modéré au sport automobile, qui l’a englouti comme un roman, avec délice.
    J’ai aussi -surtout- l’impression (mais peut-être, Pierre Ménard, allez-vous me détromper) que c’est le premier mémorialiste à avoir raconté et mis en perspective cette période. Il ne restait plus (je sais, je donne l’impression que c’est simple) aux historiens du sport automobile qu’à passer l’histoire au tamis d’autres témoignages et des faits tels qu’on peut les rechercher dans les documents d’époque. Un peu comme un tableau pointilliste où chacun va essayer de détailler et approfondir chaque point.
    C’est pourquoi il me semble injuste qu’il soit parfois passé au second plan dans les références des uns et des autres.
    Voilà, c’était ma banderole « Réhabilitons Alfred Neubauer ! ».

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Pierre Ménard
Illustrateur de formation et passionné de Formule 1, il collabore à la revue Auto-Passion de 1993 à 2001, ainsi qu’à l’annuel L’Année Formule 1 de 1996 à 2013. En 1997, il participera par le graphisme au début de l’aventure Prost Grand Prix. En 1999, Pierre Ménard produit la Grande Encyclopédie de la Formule 1, aux Editions Chronosports, ouvrage réédité à quatre reprises. Il est également le co-auteur, avec Jacques Vassal, de biographies sur Juan Manuel Fangio, Stirling Moss, Alberto Ascari, Niki Lauda, Ayrton Senna et Alain Prost dans la collection Les légendes de la Formule 1, toujours aux Editions Chronosports. Il a également collaboré à l’élaboration du livre de Jean-Claude Baudier La magie du diorama, aux Editions du Palmier. En tant que journaliste historique, il écrit dans le magazine Automobile Historique de 2001 à 2005, et depuis 2012 dans Grand Prix. Il a rejoint feu Mémoire des Stands en 2008 et fut associé à l’aventure Classic COURSES dès septembre 2012.