Les Sport et prototypes de Rétromobile 2026

par | 4 Fév 2026 | 11 commentaires

Les Sport et prototypes étaient encore plus nombreuses que les F1 à Rétromobile. Elles permettaient au visiteur de parcourir près d’un siècle de courses d’endurance.

Texte et photos Olivier Favre

Comme toujours à Rétromobile il y avait du connu, du moins connu, voire du « tiens, j’en avais jamais entendu parler » (TJAJEP). Mais leur point commun était leur état, impeccable. Et bien sûr plusieurs d’entre elles se sont illustrées dans la Sarthe au mois de juin. En voici une sélection purement arbitraire.

Ferrari 512M – 1971

Le hasard faisant bien les choses, cette 512 M, ma Ferrari de course préférée, est la première voiture sur laquelle je « tombe » en arrivant à Rétromobile. Il s’agit du châssis 1044 ex-Herbert Müller Racing, restauré dans la configuration de son meilleur résultat, une 4e place (Müller-Herzog) aux 1000 km de Brands Hatch 1971. Si vous souhaitez vous remettre en mémoire l’activité du sponsor Rolanaflor, suivez ce lien vers une note publiée sur CC il y a deux ans : https://classiccourses.digisense.net/magazine/sponsors-de-synthese-tergal/

Ferrari 512 M Rétromobile

Porsche 956B – 1984

Important le chiffre 6 pour cette 956 engagée par les frères Kremer aux 24 Heures du Mans 1984 pour l’équipage de choc Jones-Jarier-Schuppan. Elle mena la course pendant six heures, termina à la sixième place et était l’un des 6 châssis B mis aux spécifications Usine 83 pour les clients. Dommage que le préposé à la décoration ait écrit « Shuppan » sur les portières. Il est toujours agaçant de constater que des restaurations de grand prix achoppent sur ce genre de détails qu’un enfant de 10 ans pourrait éviter. Pour faire bonne mesure, la rédaction du panneau explicatif du vendeur Fiskens semble avoir été confiée à un stagiaire. On y lit « Jarrier » et « Winklehock » (qui a conduit la voiture dans une autre course).

Porsche 956 Rétromobile

Alfa Romeo 750 Competizione – 1955

Pas la plus connue des Alfa (c’est même pour moi une TJAJEP) et pour cause : elle n’a jamais couru. La marque milanaise construisit seulement deux exemplaires de ce spider qui devait s’aligner en classe 1500. Le moteur est un 4 cylindres issu de celui de la Giulietta. C’est Abarth qui a conçu le châssis. La Carrozzeria Boano, que Mario Boano venait de créer à Turin après son départ de chez Ghia, s’est chargée de la ligne. Pas très réussie d’ailleurs, mais c’est un avis qui n’engage que moi.

Alfa 750 Rétromobile

BMW 3.20 i – 1977

Toutes les BMW Art Cars d’Hervé Poulain étaient là et la Calder avait l’honneur de l’affiche de Rétromobile 2026. Pour illustrer cette note j’ai choisi celle décorée par Roy Lichtenstein (1923-1997), un des plus importants artistes du pop art, qui a toujours été ma préférée. Seule 320 vue au Mans, elle décrocha une fort méritoire 9e place en 1977 avec Maître Poulain et Marcel Mignot.

BMW 3.20 Rétromobile

Ferrari 166 MM – 1950 châssis 0048M

Dérivée du spider vainqueur au Mans en 1949, cette magnifique berlinette a disputé trois fois les Mille Miglia de 1951 à 53, dans un relatif anonymat du fait de ses équipages peu connus. Il s’agit d’un des six exemplaires carrossés par Touring, selon le procédé Superleggera dont la firme milanaise fut l’inventeur juste avant la Seconde Guerre Mondiale. Elle eut ensuite plusieurs propriétaires suisses et allemands avant d’être proposée à la vente ici par Kidston.

Ferrari 166 MM Rétromobile

Mazda 787B – 1991

Elle porte la déco de la version victorieuse des 24 Heures de 1991 avec le trio Herbert-Weidler-Gachot. Mais la pancarte précise honnêtement qu’il s’agit d’une voiture de réserve. On pouvait apercevoir sur le stand Hugues de Chaunac, venu se rappeler quelques souvenirs. C’est lui en effet qui dirigeait l’équipe Mazda cette année-là pour cette sortie en beauté du moteur rotatif, interdit par le règlement dès l’année suivante.

Mazda 787B Rétromobile

Alfa Romeo 8C 2300 Zagato – 1931

Encore un modèle d’exception que cette Alfa châssis 2111006 conçue par l’ingénieur Vittorio Jano et qui fit partie de la Scuderia Ferrari. Le grand Nuvolari entre autres la pilota et gagna à son volant la Coppa Ciano en 1931. Elle se présente ici avec ses fameux couvercles de phares rouges dans sa livrée des Mille Miglia 1932. Elle y était confiée à l’équipage Ghersi-Ramponi qui dut abandonner.

Alfa 1750 Rétromobile

Porsche 919 Hybrid – 2016

C’est la Porsche qui n’aurait jamais dû gagner les 24 Heures si … Si la Toyota en tête n’était pas tombée en panne dans son tout dernier tour. Qui ne se souvient de cet incroyable dénouement qui retardait encore le premier sacre tant attendu par la firme japonaise. Pilotée par l’équipage franco-germano-suisse Dumas-Jani-Lieb, cette 919 est présentée à Rétromobile en configuration fin de course. D’où les taches et stigmates issus d’une intense lutte durant deux tours d’horloge.

Porsche 919 Rétromobile

Skoda 1100 OHC type 968 – 1957

Avec ce projet qui est pour moi un autre « TJAJEP », la marque tchèque comptait revenir aux courses d’endurance en général et au Mans en particulier. Il n’a existé que deux spiders à carrosserie en plastique renforcé de fibre de verre (et plus tard deux coupés alu) de ce modèle propulsé par un 4 cylindres en ligne donné pour 92 ch. Finalement, ces Skoda ne coururent que dans les pays du Pacte de Varsovie.

Skoda OHC Rétromobile

McLaren F1 GTR Long Tail châssis 025R – 1997

Cette McLaren aux couleurs Gulf du team GTC Compétition a participé, sans grand succès, à la saison d’endurance 1997. Notamment aux 24 Heures du Mans où l’équipage Bellm-Gilbert-Scott-Sekiya dut abandonner suite à un incendie, alors que sa consœur d’écurie terminait deuxième. De retour chez McLaren pour y être entièrement reconditionnée, elle écuma ensuite jusqu’en 2005 les courses du championnat GT du Japon.

McLaren F1 Rétromobile

Morgan Plus Supersports TOK 258 – 1962

Exception à cette liste de sport-protos, voici une GT qui illustre bien l’obstination britannique. Recalés en 1961 avec leur Morgan jugée d’aspect trop vieillot (il faut dire qu’elle n’avait guère changé visuellement par rapport à la première Morgan vue dans la Sarthe en 1938), Chris Lawrence et Richard Shepherd Barron ne se le tinrent pas pour dit. Ils revinrent l’année suivante et parvinrent cette fois à convaincre les tatillons Messieurs de l’ACO. A raison puisque leur TOK258 décrocha la victoire en classe 1600-2000. Une catégorie où ils étaient quasiment seuls, certes, mais encore fallait-il aller jusqu’au bout.

Morgan Rétromobile

Ferrari 750 Monza – 1955

Son insolite numéro 2d la rattache à la course de Pebble Beach gagnée par Phil Hill en avril 1955. Mais son heure de gloire était arrivée un mois plus tôt à Sebring. En Floride Hill et Carroll Shelby croyaient bien avoir vaincu la Jaguar D de Hawthorn-Walters engagée par Briggs Cunningham. Dans la confusion générale et les réclamations, les organisateurs décidèrent de surseoir à leur décision. Les 12 Heures de cette année-là ne livrèrent leur verdict qu’une semaine après l’arrivée dans les bureaux de l’AAA (American Automobile Association) à New-York. Après vérification des pointages et tour par tour, la Jaguar fut finalement déclarée gagnante avec une poignée de secondes d’avance sur la Ferrari.

Ferrari 750 Rétromobile

Matra MS650 – 1/8

Enfin, le modéliste que je suis ne saurait conclure cette petite revue des protos de Rétromobile sans une mention pour la Matra 650 au 1/8 sous l’enseigne Builtupmodels. Un travail d’orfèvre absolument renversant !

Matra 650 Rétromobile

 

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11 Commentaires

  1. Turco

    Merci Olivier Favre pour cet article précis et fourni; j’ai aussi beaucoup apprécié les photos. Je n’ai pas pu me rendre à Rétromobile cette année et tu m’as permis ainsi de faire un joli tour organisé autour de ces « sports et prototypes » petites merveilles. Michèle T.

    Réponse
  2. Philippe Vogel

    Bonjour ! La Ferrari 512 M est également ma voiture de course préférée et je vais chipoter avec celle présentée à Rétromobile, globalement respectueuse de la réalité des 1000 km de la B.O.A.C. 1971 hormis :

    – le diamètre du numéro 1 sur le capot avant est trop petit
    – l’intérieur des phares était noir.

    J’ai vu ce bolide en course aux 1000 de Spa 1971.

    Merci pour cette belle photo, bien sportivement !

    Philippe Vogel

    Réponse
  3. HACHE

    Je n’étais pas venu à Rétromobile depuis 5 ans et j’ai beaucoup apprécié ! Merci Olivier pour ce reportage qui met en valeur quelque « belles » .

    Réponse
  4. Pierre Ménard

    À côté de l’Alfa Romeo 8C 2300 Zagato sur le stand Fisken, un spectateur attentif se faisait expliquer les dessous de la belle : Régis Laspalès « C’est vous qui voyez » !

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  5. masson

    Question : la BMW Calder, originale ou copie ?. Il en existe effectivement une seconde, que j’ai vue rouler en ouvreuse au Tour Auto il y a quelques années
    Sinon, étonnant les erreurs des infos sur les panneaux de G. Fisken, quand on connaît la passion de l’écossais pour les anciennes !
    Coup de cœur perso : la 512 mais S, version Sebring 70 sur le stand Richard Milles
    Quid des Ferrari Le Mans Le Mans winner 63 et 65 ? Pour un autre tour d’horizon ?

    Réponse
    • Olivier FAVRE

      Tiens, j’ignorais qu’il y avait deux BMW Calder.
      D’accord avec votre coup de cœur, la 512 S était magnifique, mais j’ai privilégié la M pour des raisons sentimentales. Quant aux 250P et 250 LM, elles auraient aussi mérité une mention, mais je voulais éviter une note trop « Ferrari-centrée ». Il y en a déjà trois dans ma liste, qui aurait pu être entièrement consacrée au cheval cabré.

      Réponse
      • Jean-Paul ORJEBIN

        Une note n’est jamais assez « Ferrari centrée » 😉

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        • Olivier FAVRE

          Évidemment, pour certains en tout cas !

    • VOGEL Philippe

      Bonjour ! La 512S que vous avez vue était en version Daytona 1970 mais avec un capot arrière incorrect avec ses prises d’air de radiateurs trop hautes. Bien à vous ! Philippe Vogel

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  6. De la Coliniere

    Alfa Romeo 750 Competizione – 1955 ligne pas très réussie???? Je viens de regarder les nombreuses photos de cette voiture que je ne connaissais pas et ma foi je la trouve très réussie avec ses feux arrières genre Testa 1958, son aileron a la type D, sa face avant un peu « squale ». Au niveau esthétique, je ne lui trouve rien de négatif. Comme quoi, les avis peuvent diverger, que lui trouvez vous de rédhibitoires ?

    Réponse
  7. De la Coliniere

    Un grand merci à tous les animateurs de ce site pour les nombreuses découvertes que j’ai pu y faire.

    Réponse

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Olivier Favre
Le goût de l’automobile est un atavisme familial transmis par mon père, qui l’a manifesté autant à l’échelle 1 que par les Dinky Toys. Mais l’intérêt pour la course est ma spécificité et j’y suis venu très tôt par les miniatures Solido des 24 Heures du Mans, Ferrari 512 M, Matra et autres Porsche 917. Après le jeu sur les tapis est venu le temps de la collection et du modélisme, de l’abonnement à Sport-Auto puis à Auto-Hebdo. Parallèlement, mes études à Sciences-Po ont confirmé mon intérêt pour l’Histoire et renforcé ma confiance rédactionnelle. Une fois trouvée ma voie professionnelle dans la fonction publique territoriale, j’ai voulu réunir tout cela et écrire sur l’histoire de la course automobile, celle que je n’ai pas vécue, celle que j’aurais aimé vivre. C’est ainsi que j’ai collaboré à Automobile Historique pendant trois ans. Puis sont venus Mémoires des Stands et le magazine Autodiva, qui me permet de garder le contact, précieux pour moi, avec le papier. Et enfin Classic Courses depuis 2012.