Henri Pescarolo a une dette envers Hippocrate dont il ne prononça jamais le serment des jeunes médecins. Et pour cause : la Coupe des Provinces l’avait arraché à l’ambition familiale. Celle-ci le voyait déjà stéthoscope en mains établissant diagnostiques et ordonnances. Mais non. Lui c’est volant en mains qu’il avait décidé de jouer sa partition. Une gracile Lotus Super Seven, rencontrée presque fortuitement, l’avait donc entrainé dans une voie autrement plus aventureuse.
C’est précisément de ce premier coup de foudre, fut-il automobile, dont il s’agit ici. Robert Sarrailh qu’on ne présente plus, l’homme de la Cobra Daytona, d’ATS et des engagements de Cobra pilotées par les plus grands à Goodwood, au Tour Auto ou ailleurs. Robert Sarrailh, donc, a retrouvé cette Lotus de la Coupe des Provinces, celle de Paris, pilotée notamment par Henri Pescarolo. Il l’a faite totalement restaurer et a convié Henri a effectuer quelques tours du circuit de Montlhéry 60 ans après…
Il nous a confié pour les lecteurs de Classic-Courses, des photos prises à cette occasion, ainsi qu’une longue interview du pilote.
Olivier Rogar
Vidéo et photos copyright Robert Sarrailh.
La Coupe des Provinces
L’idée germa en 1963 dans l’esprit d’un animateur de la « Radio des Jeunes » : Europe1. Une petite musique tournait déjà en boucle depuis un moment, dans les milieux de l’automobile, de la radio et de la presse spécialisée : il devenait urgent de remettre des pilotes français au plus haut niveau du sport automobile. C’est ainsi que Sport Auto avec Gérard Crombac, Ford France et Europe1 associèrent leurs énergies pour créer l’opération « Ford Jeunesse – Europe1 » / Coupe des Provinces.
Dix neufs Lotus super Seven en kit seraient fournies à des Associations Sportives Automobiles ou à des écuries créées pour l’occasion. Les voitures seraient construites par de jeunes mécaniciens, leur permettant, comme aux pilotes, de s’aguerrir aux exigences de la course. Le succès fut tel que 10 000 candidats pilotes répondirent à l’appel ! Des sélections eurent lieu au terme desquelles 50 d’entre eux furent retenus pour 14 courses. Une partie des courses se disputait en circuit et l’autre en côte. Le Trophée de la montagne complétait donc la Coupe des Provinces.

Un concours permit de sélectionner la décoration de chaque voiture et le 20 mai 1964 ces pilotes débutants et leurs machines montées par d’apprentis mécaniciens se confrontèrent pour la première fois. C’était en complément du Grand Prix de Paris qui se courrait à Montlhéry. Raymond Roche , le Président de la FISA et Maurice Mestivier, le Président de l’AGACI ayant accepté de jouer la carte de la jeunesse.

Le Lyonnais remporta la Coupe, notamment grâce aux performances de Jimmy Mieusset et Paris remporta le Trophée grâce à un certain Henri Pescarolo.
Au terme des deux années où elle se déroula, la Coupe des Provinces permit notamment l’éclosion de plusieurs futurs champions ; nous avons cité Mieusset et Pescarolo, mais il y eut aussi Dayan, Depailler et Servoz-Gavin.
Comme il n’y a pas de hasard mais plutôt des circonstances, celles-ci se montrèrent favorables à nos apprentis champions. En effet un monstre était sur le point de débouler en piste qui s’appelait Matra. En dix ans il raflerait tout ce qui existait comme championnats. Et une partie de ses pilotes viendraient de la Coupe des Provinces.

La Lotus miniature de Sparks
Voulue par Robert Sarrailh, produite par Spark, dédicacée par Henri Pescarolo, elle ne vous coûtera que 100 € dont 10€ seront reversés à la fondation Mécénat Chirurgie Cardiaque. Pour vous la procurer : HPM72ATS@gmail.com

Emouvantes retrouvailles en effet soixante ans plus tard… Le plan B du père d’ Henri Pescarolo , chauffeur de taxi !!! Quel gâchis cela aurait été … Merci à ceux qui l’ont recommandé chez Matra … Qui n’a pas toujours été tendre avec lui. Le boulot de larbin au début et le vilain remerciement fin 70 après une première saison honorable en F1… Merci aussi à Crombac qui l’a presque supplié pour Le Mans 72.
Quel plaisir d’écouter le Grand Pesca. 81 ans toujours enthousiaste et sensible à ces moments magiques.
Olivier Classic Courses En fait c’était ouvert à tous, il y avait une sélection pour la déco de la voiture qui représentait la région, je m’y étais inscrit pour l’ Île de France, car je n’avais pas encore le permis de conduire… une sélection pour les mécanos et bien sur les pilotes. Pour la déco l’on recevait plusieurs vues de la 7, qu’il fallait mettre en couleurs. En fait c’était les ASA qui montaient leur équipe, disons que celui qui n’ écoutait que Europe n° 1, n’avait pratiquement pas de chance d’y participer.