Fawkham, Dartford, Kent (UK)
Si le calendrier prétend que c’est ma fête, le déluge biblique qui fait de Brands Hatch une apocalypse le détrompe.
Patrice Vatan
Trempé au-delà du possible, j’ai le Bob Marlboro en nénuphar sur le crâne de qui émerge d’un étang, le blouson JPS tel une combinaison d’homme-grenouille, mais je ne laisserais ma place pour rien au monde, pas même pour le somptueux breakfast de ce matin au Inn of the Lake, à un jet de pierre du circuit, du côté de Gravesend, avec la vue sur la sauvagine s’ébattant sur le lac.
Stéphane Collaro donne une idée de ces conditions dignes du Nürburgring 68 ici : https://tinyurl.com/y6y9kwjb
À cinq tours de la fin advient ce dépassement hors-normes que là-bas, à l’extérieur de Paddock Bend, j’imagine ce diable de Michael Turner, gardé des trombes d’eau par un parapluie de golf tenu par un assistant, peindre en direct.
Dans mon insondable naïveté j’ai longtemps cru que Turner travaillait « sur le motif », un simple pass « Painter » au bras…
Longtemps la vénérable Lotus 72 de Jacky Ickx, grand-mère vieille de quatre ans, s’est tenue dans la roue de Lauda, dont la récente Ferrari 312 B3 souffre d’un problème de suspension. Soudain, le trou de souris dans la courbe la plus « demanding » de B’Hatch, Paddock, à l’aveugle, en dévers, au sous-virage naturel.
Incroyable maestria du Rainmaster bruxellois, formidable interprétation par le Maître londonien qui transpire la puissance émotionnelle des Grands Prix d’alors, le côté jeux du cirque aussi que convoque cette arène antique naturelle qu’est Brands Hatch, alliée à une formidable précision, à un détail près, l’absence d’une flèche au-dessus de la banderole Simoniz qui eût localisé notre position, à Martine, Guy, Christian, et votre serviteur.
Les Champions, l’événement attendu tout l’hiver. L’équipe, un commando léger plutôt, s’est naturellement ressoudée autour d’une auto de combat que Christian, le proprio, a équipée d’une dissuasion lumineuse de très haute intensité.
C’est parti pour un calendrier de terrain de 21 déplacements. Mes archives mentionnent une dépense de 270 francs pour le week-end de Brands Hatch, essence, circuit, restos, bateau, hôtel, soit 261 euros, rapportés en monnaie constante.
Christian, un gars sans chichi, ne reconnaît que deux positions à son accélérateur, au repos et à l’horizontale ; que deux musiques dans son lecteur de cassettes, Pink Floyd et Pink Floyd. Cette saison, ce sera : https://tinyurl.com/27v9hhf6.
Martine est dotée de deux qualités dont l’une est sa connaissance de la langue de Jochen Mass, sans grand intérêt toutefois ici. Guy, à la parole rare mais définitive, hisse la confection de faux pass au rang d’un art.
Quant à votre serviteur, il ne sert à rien mais dévoilerait un pan apprécié (du moins le lui laissera-t-on croire) de sa personnalité dans cinquante ans.
Image © Michael Turner
Hors le beau texte de Patrice, la vidéo de Brands Hatch sous la pluie est sidérante. Course hors championnat certes, mais quelle course et quel dépassement !
La dernière course de Peter Revson, dont il sera question dans quelques jours.
René, voilà un excellent « teasing »…
Sinon, les images de ces conditions de course sont presque ahurissantes pour le téléspectateur d’aujourd’hui habitué à la safety car et aux drapeaux jaunes dès qu’il tombe trois gouttes. Autre temps …
Eh oui, j’y étais …….
Merci par avance de votre indulgence pour la « qualité » des photos, j’avais 15 ans …..
Carlos Reutemann portait un casque ouvert pour essayer d’y voir plus clair …..
Jacky …..
Niki ……
Clay ……
Henri !
Denny
Mike Hailwood plutôt, non ?
Oooops ….. la gaffe
Graham …..
James
Lella !
Deux constructeurs britanniques faisaient leurs débuts ce jour là : Lyncar (John Nicholson) et Hesketh (James Hunt)
Hesketh était déja là en 1973 avec James Hunt qui avait fini second au GP des USA 1973 de triste mémoire .
Mike the Bike
Damien Magee (Lola F 5000)
Steve Thompson (Chevron F 5000)
Richard Robarts ( Brabham BT 42/44)
Magnifique d avoir enrichi cet article de vos photos. Merci.
Merci pour ces photos . En les regardant ainsi que le vidéo , la pluie ne me semble pas si terrible que ça ; j’ai vu pire à Brands notamment en protos en 71 ou 72 .
Effectivement les britanniques rajoutaient des F500 pour étoffer le plateau , si besoin était .
Merci. Le document youtube est éloquent, à l’inverse du navrant Collaro, dont on oublie parfois qu’avant de polluer les années 80 avec des émissions pas drôles, il fut ce commentateur laborieux qui ne préparait visiblement pas ses interventions.
Je ne suis pas d’accord avec vous. Je garde un souvenir ému des commentaires de Stéphane Collaro sur les différentes (et rares) retransmissions de courses automobiles à l’époque par l’ORTF. Et contrairement aux doctes « spécialistes » actuels qui savent tout sur tout, il commentait aussi bien la Formule 1 que la Formule 2, les 24 heures du Mans , le Tour de France auto ou le Rallye de Monte Carlo. Je garde d’ailleurs un grand souvenir d’un samedi après-midi consacré entièrement à la retransmission du Grand Prix de Pau 1969 de F2 depuis les essais jusqu’à la course et en y ajoutant les formules de promotion et notamment la coupe R8 Gordini. Ce fut pour moi une vraie découverte qui a largement contribué à ma passion du sport auto. A son éviction du service des sports courant 1974, rappelez vous, les commentateurs qui lui ont succédé immédiatement – je ne citerai pas de noms-, n’y connaissaient vraiment pas grand chose . Eux étaient vraiment laborieux et n’étaient pas animés par la même passion. Mais c’est vrai que ses prestations télévisées ultérieures étaient assez discutables. C’est une autre histoire.
Je suis d’accord, Collaro était un vrai passionné et connaissait son sujet, contrairement à d’autres qui lui ont succédé et qui étaient souvent affligeants de médiocrité. Quant à ses émissions comiques des années 80, moi j’aimais bien mais il faut dire que j’étais ado, en plein « âge bête », ceci explique cela. N’oublions pas non plus sa participation au Petit Rapporteur avec une sacrée brochette de talents (Desproges, Prevost, Piem) autour de Jacques Martin.
Merci a Classic Courses d’y permètre et a Philippe Roche de partager ces beaux photos.
Quelle bonne idée d’avoir posté ces images noir et blanc de la Course des Champions 1974 que je n’avais jamais vues, même si je me souvenais que Jacky ICKX l’avait remportée sur la Lotus 72 JPS. Une belle époque du sport automobile.